Migaud : "le problème avec le président, c’est le passage à l’acte"

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Migaud : "le problème avec le président, c’est le passage à l’acte"
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Le président PS de la commission des finances de l’Assemblée se félicite du projet de taxation des traders, mais attend des actes.

Didier Migaud a accueilli avec satisfaction le projet d’imposition à hauteur de 50 % des bonus des traders. Mais le député socialiste de l’Isère ne se satisfait pas de ces seules déclarations et déclare sur Europe1 attendre des mesures concrètes : "On a eu beaucoup de déclarations du président de la République allant dans le bon sens, dans le sens d’une régulation, de la taxation des bonus, sans jamais voir de suite concrètes. Moi j’attends".

La tribune commune de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown, publiée dans le Wall Street Journal, est une initiative qui aurait dû être lancée plus tôt, estime Didier Migaud : "Ce qui était considéré comme peu pertinent il y a quelques semaines, lorsque je proposais une taxation exceptionnel sur les bénéfices des banques, devient aujourd’hui pertinent parce que Gordon Brown le propose".

Le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale aurait préféré que la France adopte dès le début de la crise une position plus ferme vis-à-vis des banques : "Si les banques ont retrouvé le chemin de la profitabilité, c’est grâce au soutien massif de l’Etat et donc des contribuables".

"Le discours de Toulon (sur la relance économique) était un très beau discours. Je me suis demandé si Olivier Besancenot ne lui avait pas préparé", s'est-il amusé. Le député de l’Isère estime qu’un socialiste "aurait pu écrire ce discours", avant de conclure : "Le gros problème avec le président de la République, c’est le passage à l’acte."

La crise est-elle derrière nous ? Assurément pas, estime Didier Migaud, qui craint "que les mauvaises pratiques reviennent encore." "Pour le moment nous n’avons pas cette assurance, nous sommes encore dans la crise économique". Et le député isérois de conclure : "Nous ne sommes qu’au commencement de la régulation".