Mgr Podvin : "l’Eglise doit faire plus"

  • A
  • A
Mgr Podvin : "l’Eglise doit faire plus"
Partagez sur :

INTERVIEW E1 - Il a répondu à Duflot qui veut réquisitionner des bâtiments vides de l’Eglise.

Le contexte. Lundi matin, Cécile Duflot, la ministre du Logement, a annoncé qu’elle était prête à réquisitionner les bâtiments "quasi vides" appartenant à l’Eglise. Depuis, elle est assaillie de critiques. Mardi matin, c’est Monseigneur Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, qui lui a répondu sur Europe 1.

>> A LIRE AUSSI : Logement : Duflot interpelle l'Eglise

L’Eglise inactive ? En creux de la déclaration de Cécile Duflot, nombre d’hommes d’Eglise ont décelé une accusation de passivité. Ce qu’ils ont tous réfuté dans les médias, rappelant les initiatives déjà existantes. "Les congrégations religieuses et les diocèses sont prêts à continuer car on ne fait jamais assez pour le social. Il faut progresser tous ensemble. Il ne faut pas casser les bras de tous ceux qui, déjà, agissent. Hier, il y a eu un énorme malentendu. L’Eglise est proche des précaires, elle se mouille, mais pas assez. L’Abbé Pierre nous bougeait tous ! Alors parlons-nous ! L’Eglise fait déjà des choses, et elle doit faire plus", a concédé Monseigneur Podvin.

Beaucoup de logements vacants ? C’est ce qu’a assuré la ministre du Logement. Monseigneur Bernard Podvin est beaucoup moins catégorique, arguant qu’ "il n’y a pas que des questions de mètres carrés, il y a aussi des questions de vétusté, d’accompagnement." Et de rappeler encore que de nombreuses initiatives existent déjà pour venir en aide à ceux qui en ont besoin.

>> A LIRE AUSSI : L'Eglise a-t-elle des bâtiments vides ?

Une instrumentalisation politique ? Certains ont décelé, dans la position de Cécile Duflot, une réaction à la position très critique de l‘Eglise sur le projet de mariage pour tous. Faut-il voir dans cela un message envoyé au Clergé ? La question a été posée deux fois à Monseigneur Bernard Podvin, qui a fait deux fois la même réponse : "j’ose espérer que non". Et de glisser, comme un regret : "nous souffrons parfois de ne pas être assez  écouté…" Christine Boutin, la présidente du Parti Chrétien-Démocrate, s‘était montrée bien plus virulente. "Il y a une espèce de catholiphobie qui est en train de s'installer", a-t-elle accusé.