Marine Le Pen : "Macron est un petit garçon"

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Marine Le Pen : "Macron est un petit garçon"
@ Reuters
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INTERVIEW E1 - La présidente du Front national accuse le ministre de l'Economie de "vendre la France à la découpe", après la cession de près de la moitié du capital de l'aéroport de Toulouse.

Bercy l'a confirmé jeudi : le gouvernement français va céder 49,99% du capital de l'aéroport de Toulouse à un consortium chinois. Une opération condamnée par Marine Le Pen. Invitée d'Europe Soir vendredi, la présidente du Front national a accusé le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, de "vendre la France à la découpe" et de prendre "les Français pour des naïfs".

Macron tente de rassurer. Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron avait pourtant tenté de donner des gages. "Ça n'a rien à voir avec une privatisation complète ou excessive", a-t-il insisté. "Nous restons propriétaires des pistes, des bâtiments, l'Etat régule toute ligne qui pourrait être ouverte, les collectivités locales gardent évidemment toute latitude sur les terrains".

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Mais pour le ministre de l'Economie, la France doit savoir s'ouvrir aux investisseurs étrangers. "On ne peut pas expliquer à la Chine qu'elle est bien placée quand il s'agit de vendre des avions, mais que des investisseurs chinois ne seraient pas bienvenus sur notre territoire", argumente-t-il. Et pour lui, "celles et ceux qui s'indignent de cette cession minoritaire ont pour profession, d'une part d'invectiver le gouvernement et d'autre part d'inquiéter les Français".

Pour Le Pen, Macron "prend les Français pour des naïfs". La réponse de Marine Le Pen, sur Europe 1, est cinglante : "Monsieur Macron est un petit garçon qui prend les Français pour des naïfs", a-t-elle lancé. "La réalité, c'est que lorsqu'il dit que c'est un investissement minoritaire, à 49,9%, chacun est capable de comprendre que ça n'est pas le cas. Pourquoi les Chinois investiraient-ils dans l'aéroport si ça n'a pour eux aucune importance, comme Monsieur Macron veut bien le faire croire ?"

"Une vision ultralibérale". "C'est de notre indépendance dont il s'agit", a poursuivi la leader frontiste. "La volonté de Monsieur Macron de vendre la France à la découpe et d'accepter l'intégralité des investissements étrangers, y compris dans des secteurs stratégiques pour notre pays, est une vision ultralibérale, qui consiste à penser que l'argent n'a pas d'odeur, pas de couleur, et permettre de tout acheter".

Et Marine Le Pen de considérer que la politique d'Emmanuel Macron "a fait un record de chômeurs, un record de pauvres, un record de dettes, un record de déficits, un record de défaillances d'entreprises".