Le Roux non grata ? "La Russie nous rend la pareille" pour Mariani

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Pour le vice-président du groupe France-Russie à l'Assemblée nationale, il est regrettable de couper les relations parlementaires avec Moscou.

INTERVIEW

Coup de froid dans les relations franco-russes. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a décidé d'annuler une visite de députés prévue le 18 juin à Moscou. Une décision qui fait suite au refus des autorités russes de laisser entrer sur leur territoire Bruno Le Roux, patron des socialistes à l'Assemblée, selon une lettre adressée au président de la Douma et rendue publique lundi. La France a-t-elle raison de rompre le dialogue avec la Russie ? C'est la question qu'Europe 1 a posée mardi à Thierry Mariani, député "les Républicains" des Français de l'étranger mais également vice-président du groupe France-Russie à l'Assemblée nationale.

"Ce n'est pas constructif du tout…" "Si on veut arriver à une solution, il faut dialoguer. Ce que j'observe c'est que la paix a progressé, mais quand ? Quand les dirigeants se sont rencontrés en Normandie (pour la cérémonie du 60e anniversaire du débarquement, ndlr) ou quand les présidents se sont vus à Minsk. Par contre, de notre côté, on a coupé toute une série de contacts, comme à Moscou pour la cérémonie de la victoire du 9 mai. Et maintenant, on coupe nos relations parlementaires. Je trouve que ce n'est pas constructif du tout…", a regretté le député.

"Bartolone a raison de s'offusquer, mais…" Est-ce à dire qu'il ne cautionne pas la décision du président de l'Assemblée nationale ? "Bartolone a raison de s'offusquer qu'un parlementaire français ne puisse pas aller en Russie. Mais il aurait aussi eu raison il y a un an de dire que ce n'était pas normal que 150 responsables russes ne puissent pas se rendre en France." Une liste sur laquelle on, trouve notamment le président du FSB ou encore le président tchétchène Khadirov, pas vraiment la même catégorie que Bruno Le Roux ou Daniel Cohn-Bendit.

Et Thierry Mariani de conclure : "La Russie a été très patiente. Depuis le 17 mars 2014, il y a une liste de 150 personnalités, dont une trentaine de parlementaires, qui sont interdits de venir en Europe. La Russie nous rend la pareille, c'est regrettable. Ces sanctions n'ont rien amené au niveau politique."