Mali : "on est en train de se battre avec notre argent pour toute l’Europe" (Lellouche)

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Mali : "on est en train de se battre avec notre argent pour toute l’Europe" (Lellouche)
@ LCP
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POLITIQUES - Pierre Lellouche est l'invité de Serge Moati jeudi sur LCP.

Unité nationale ? Oui, mais non ! Même si l'opposition s'est très largement déclarée en faveur de l'intervention française au Mali, elle n'hésite pas pour autant à apporter des nuances de taille. Et à poser des questions. La preuve sur le plateau de PolitiqueS, l'émission de Serge Moati sur LCP, en partenariat avec Europe 1 et Dailymotion.
Si Pierre Lellouche, président du groupe Sahel à l'Assemblée nationale, approuve l'intervention décidée par le président de la République, il s'interroge sur sa rapidité et sur la solitude de la France : "Pourquoi est-ce que le président Hollande n’a pas demandé la convocation d’urgence d’un sommet des chefs d’États européens ? [...] Comment prend-t-on une décision de ce type sans allié ?"

"Je souhaite que cette opération réussisse, assure l'ancien secrétaire d'Etat aux affaires européennes. L'opposition n'est pas là pour la casser". Mais il prévient : "L'opposition est aussi là pour poser les bonnes questions". Avant de rappeler, gravement : "On est en train de se battre avec notre argent et notre sang pour toute l’Europe alors même que l’Europe nous coûte 20 milliards d’euros, il faut que cela s’arrête".

Même son de cloche du côté de Luc Chatel. Le nouveau vice-président de l'UMP déclare approuver la lutte contre le terrorisme, mais admet son inquiétude et sa volonté de poser des questions sur cette décision lourde de conséquences : "Quel est l'élement déclencheur de cette décision d'intervenir ?", demande-t-il, allant même jusqu'à évoquer une "improvisation" du président de la République.

Au Front de gauche, François Delapierre va encore plus loin : "Il y a six mois, François Hollande disait que la France n'interviendrait pas au Mali". Et lorsqu'on lui demande si, lui, aurait envoyé l'armée aussi rapidement, il répond : "On aurait demandé une discussion sur les buts de guerre avant de se prononcer", prétend-t-il. Allant même jusqu'à approuver les déclarations de Dominique de Villepin qui dénonçait un "virus néo-conservateur" qui aurait contaminé les esprits. Pour lui, la France n'a pas su tirer les enseignements des guerres récentes : "C'est une illusion sécuritaire de penser que tout se règle sur le terrain. Au bout de onze ans en Afghanistan, on devrait le savoir. J'ai l'impression d'entendre la même musique..." La fameuse unité nationale serait-elle, déjà, en train de s'effriter ?