Mali : l’UMP se fissure

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Mali : l’UMP se fissure
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Plusieurs voix viennent mettre à mal l’union sacrée  derrière l’intervention militaire au Mali.

Le contexte. A l’UMP, il y a les tenants de l’union sacrée, et les autres. Depuis le début de l’intervention française en Mali, vendredi dernier, les premiers avaient eu gain de cause. Mais depuis plusieurs jours, les seconds se font de plus en plus entendre, créant une nouvelle ligne de fracture dans le parti.

"Une règle indispensable". Les tentants de l’union sacrée son pourtant catégoriques. A l’image de Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de la Défense, des affaires étrangères et de l’Intérieur. "Il y a une règle qui est indispensable et que je rappelle à tout le monde. Quand nous avons des hommes sur le terrain, nos militaires ont besoin de savoir que l’opération a le soutien de la nation toute entière. Nous devons tous être derrière eux. C’est important pour leur moral", a-t-elle affirmé mercredi soir sur Europe 1.

(A partir de 6'20'')

Henri Guaino, parmi d’autres, est sur la même ligne. "Quand la France est en guerre - et c'est une guerre, pas une petite opération de police - nous devons tous être unis derrière nos soldats qui risquent leur vie", a déclaré le député des Yvelines sur RTL.

"Solitude", "impréparation". Pendant un temps, Jean-François Copé a lui aussi prôné l’union nationale derrière l’opération militaire. Mais mercredi, lors du débat parlementaire, le président de l’UMP n’a pas épargné le gouvernement. "Premièrement, nous devons vous interroger sur le délai de réaction ? Pourquoi avoir tant tardé à agir ?" a lancé le député-maire de Meaux à la tribune. "Deuxième question : nous nous interrogeons sur les objectifs précis de cette opération", a-t-il poursuivi. "Enfin, vient la troisième question, dans tous les esprits, et sans doute la plus importante. Nous sommes extrêmement préoccupée de voir que la France est aussi isolée."



juppe-carre
Alain Juppé, qui lui aussi avait soutenu dans un premier temps l’intervention, a changé aussi son fusil d’épaule. "Je crains que nous ne nous soyons mis dans une spirale que nous allons avoir beaucoup de mal à maîtriser. Il est important de clarifier les objectifs de l'intervention française et on a le sentiment qu'il y a un glissement depuis les premières heures ou les premiers jours de cette intervention", a estimé l’ancien Premier ministre sur France 24. "On s'est lancés dans cette opération et aujourd'hui nous sommes confrontés à des risques extrêmement élevés. Et nous sommes seuls", a prévenu Alain Juppé, qui fut aussi ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères.

Enfin, dernier poids lourd de l’UMP à mettre à mal l’union sacrée : Brice Hortefeux. "Les soutiens diplomatiques et logistiques ont été à ce jour plus que mesurés et témoignent d'une réelle impréparation", dénonce jeudi dans Le Figaro l’ancien ministre de l’Intérieur. La "règle indispensable" édictée par Michèle Alliot-Marie ne semble décidément pas être connue de tous.