Malaise général autour de la campagne de François Fillon

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Malaise général autour de la campagne de François Fillon
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Ordres et contre-ordres, changements de programme, menaces de défection... le "PenelopeGate" a ravivé des plaies plus profondes dans l'entourage de François Fillon. Qui a bien du mal à faire campagne.

"C'est comme s'il n'y avait pas de pilote dans l'avion", résume dans le JDD une petite main de l'équipe de campagne de François Fillon. Depuis trois semaines et les premières révélations du Canard Enchaîné sur l'emploi présumé fictif de la femme du candidat, Penelope, suivies ensuite d'autres sur sa rémunération ainsi que celle des enfants du couple, rien ne va plus chez Les Républicains. Les contre-ordres suivent les ordres, des meetings sont annulés ou reportés, la garde rapprochée de François Fillon ne veut plus qu'il prenne le train, craignant qu'il soit malmené. Et le candidat est inaccessible, tant pour les électeurs ou la presse que pour les militants.

Une vidéo pour rassurer. Certes, François Fillon a bien tenté de rassurer en publiant, dimanche matin, sur Twitter, une vidéo de deux minutes dans laquelle il remercie ses soutiens dans toute la France et explique que ses meetings sont complets. Il n'empêche que le candidat peut difficilement se déplacer sans entendre sur son passage un concert de casseroles donné par des électeurs mécontents. Et que derrière les rangs serrés affichés par ses troupes, les tensions se font de plus en plus sentir.



Les comités et les fédérations se tirent dans les pattes. En réalité, le "PenelopeGate" se superpose à des problèmes plus structurels d'organisation de la campagne. Sur le terrain, les fédérations Les Républicains et les comités de soutien à François Fillon, créés pendant la primaire par Patrick Stefanini, désormais directeur de campagne du candidat LR, sont censés coexister. Dans les faits, ils se marchent sur les pieds et s'affrontent souvent. À Marseille par exemple, le président de la fédération, Bruno Gilles, a appelé François Fillon à "arrêter" sa campagne. Ce qui ne plaît pas du tout à Patrick Stefanini, qui lâche dans le JDD : "Comment voulez-vous que je fasse campagne avec des gens comme ça ?"

Vers une reprise en main ? Chez Fillon, on espère que la semaine à venir permettra de reprendre la main. Les ultimes arbitrages sur le projet doivent être rendus, avec notamment l'exposition des mesures sur la santé, mardi, un dîner du Crif mercredi et un déplacement à Meaux, chez Jean-François Copé, vendredi, avant une réunion publique à Maisons-Alfort. François Fillon part avec au moins une bonne nouvelle : selon un sondage IFOP pour le JDD, la part des sympathisants LR souhaitant son maintien dans la course à la présidentielle est passée de 64% à 70% depuis le début du mois.