Maire à 22 ans, ça se passe comment ?

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Maire à 22 ans, ça se passe comment ?
Robin Reda, 22 ans et maire de Juvisy-sur-Orge, dans l'Essonne.@ MAXPPP
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GRAINES DE POLITIQUES - A peine sortis de l'école et déjà en charge de gérer une commune : portraits croisés de trois étudiants élus maires en mars.

L'âge moyen des candidats aux dernières élections municipales était de 50 ans. Mais certains n'ont pas attendu si tard pour plonger dans le grand bain de la politique locale. Parmi les maires nouvellement élus cette année, certains d'entre eux étaient toujours étudiants. Comment gère-t-on une commune lorsqu'on sort à peine de l'école ? Trois mois après leur élection, Europe1.fr a interrogé trois de ces jeunes édiles.

Robin Reda

"J'ai aménagé mon emploi du temps". Le plus médiatique d'entre eux est certainement Robin Reda (photo). A 22 ans, celui qui termine tout juste sa scolarité à Sciences Po Paris a été élu maire (UMP) de Juvisy-sur-Orge, une ville de l'Essonne qui compte 15.000 habitants. Repérable de loin grâce à son 1 mètre 92, le jeune maire s'est organisé pour pouvoir achever ses études tout en assurant ses fonctions. "Pendant la campagne et jusqu'à la fin des cours, j'ai aménagé mon emploi du temps sur deux jours à Sciences Po", explique-t-il. Désormais, il compte se consacrer à plein temps à son mandat. A ses mandats plutôt, car Robin Reda est aussi président d'agglomération. "Clairement, pendant un an, je ne vais faire que ça", assure-t-il. "Après, je ne m'interdis rien", ajoute celui qui envisage de passer les concours de la fonction publique.

Comment le jeune maire de Juvisy a-t-il fait ses débuts ? "Ça a été trois mois de découverte, mais ce n'est pas vraiment lié à l'âge, plutôt aux spécificités des fonctions", raconte Robin Reda. Il a aussi fallu compter avec le regard des administrés. "Au début, il y a nécessairement eu une méfiance due à mon âge. Pour eux, c'était assez brutal", reconnaît-il. "Mais c'était sûrement plus lié à l'alternance politique qu'à ma jeunesse". Il faut dire que Robin Reda a battu dès le premier tour le maire de Juvisy, 54 ans et élu depuis 1998, dans une ville qui battait pavillon de gauche depuis quatre décennies. Il a toutefois pu compter sur ses études pour rassurer les habitants : "se présenter à 22 ans, ce n'est pas simple. Mine de rien, Sciences Po m'a servi de passeport".

Maire jeune

© Commune d'Hesdin

"Le droit public me sert". Stéphane Sieczkowski-Samier (photo), 22 ans, a lui aussi battu un maire sortant aux municipales. Cet étudiant en droit a été élu maire d'Hesdin, 2.500 habitants, dans le Pas-de-Calais. Et cumuler études et mandat, il connaît aussi. "C'est une question d'organisation", assure-t-il. "En période universitaire, je vais à l'école le matin et suis à la mairie l'après-midi". Mais sa fac de Boulogne-sur-Mer étant tout de même à une heure de trajet, le jeune maire doit prendre la route dès 7 heures, pour être de retour à Hesdin en début d'après-midi.

Heureusement, ce qu'il apprend en cours lui est utile dans sa nouvelle vie d'édile. "Le droit public me sert, j'applique ce que j'apprends", explique-t-il. Il regrette cependant de n'avoir pas fait de droit du travail : "ça m'aurait vraiment aidé, surtout pour la gestion du personnel de la mairie". En septembre, il fera sa rentrée en master de droit des affaires. Car Stéphane Sieczkowski-Samier se verrait bien avocat, même s'il ne compte pas renoncer à sa jeune carrière politique. Mais il est lucide : "la politique est un siège éjectable".

>> L'élection de Stéphane Sieczkowski-Samier à la mairie d'Hesdin, en mars :



Au lendemain de son élection, certains l'ont surnommé "le petit Sarko", allusion à son physique, sa manière de parler et sa gestuelle. "Ca m'amuse", sourit Stéphane Sieczkowski-Samier, qui ne refuse pas la comparaison, même s'il est sans étiquette politique. Fin mai, il a même été invité à déjeuner par Nicolas Sarkozy, avec sept autres nouveaux maires de moins de 30 ans. "Il m'a dit que j'avais une bonne tête, et que je lui rappelais lui quand il était jeune", raconte-t-il.

Paquet

© DR

Maire de village, "c'est un bon mi-temps". Dans des communes bien moins peuplées, d'autres nouveaux élus cassent l'image d'Epinal du vieux maire de campagne. C'est le cas de Florian Paquet (photo), 23 ans et maire de Moloy, un petit village de Côte-d'Or. "J'étais conseiller municipal et j'ai eu envie d'aller plus loin", explique ce diplômé en droit de l'université de Bourgogne. Une commune de 230 habitants à gérer, "c'est un bon mi-temps", estime-t-il.

De quoi lui laisser du temps pour penser à sa carrière, qu'il souhaite mener dans les collectivités locales. Entre continuer à être étudiant, en préparant les concours de la fonction publique, ou commencer à travailler, il n'a pas encore tranché. En attendant, il s'occupe de sa mairie, et son jeune âge n'est pas un problème, assure-t-il. "C'est quelque chose que je craignais au départ, mais ça a beaucoup moins pesé que ce que je pensais, d'autant que tout le monde me connaît ici". La proximité, un bon moyen de surmonter la différence d'âge.

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