Main d'Henry : Sarkozy, "désolé", ne s'en mêlera pas

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Main d'Henry : Sarkozy, "désolé", ne s'en mêlera pas
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Le président de la République s’est excusé auprès du premier ministre irlandais après la main de Thierry Henry.

La main de Thierry Henry mercredi face à l’Irlande, qui a permis à William Gallas de marquer et d’envoyer l’équipe de France à la Coupe du monde, tourne à l’affaire d’Etat. A tel point que Nicolas Sarkozy en personne s’est emparée de l’affaire. Jeudi soir, le président de la République a présenté ses excuses à Brian Cowen, le premier ministre irlandais. Mais a refusé de réclamer lui aussi que le match soit rejoué.

"J'ai dit à Brian Cowen combien j'étais désolé pour eux. Ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre, aux instances du foot français, aux instances du football européen : laissez-moi à ma place", a-t-il déclaréà la presse en marge du sommet européen de Bruxelles.

Nicolas Sarkozy rejoint là la cohorte d’hommes politiques qui ont réagi à ce match si controversé. "Ce n'est ni au gouvernement français ni au gouvernement irlandais de s'immiscer" dans des polémiques liées au football, a déclaré jeudi François Fillon. Mais n’en déplaise au premier ministre, la faute de main de Thierry Henry a bel et bien entraîné un torrent de réactions au sein de la classe politique française.

Celles-ci balancent entre le soulagement de la qualification, et la gêne - voire la honte - quant à la tricherie qui l’a rendue possible. "Mes sentiments sont mitigés entre ce que je pourrais appeler un lâche soulagement et une grande inquiétude", résume Roselyne Bachelot, ministre des Sports.

Christine Lagarde, elle, appelle la Fifa à changer ses règles. "Je suis évidemment très contente que l'équipe soit à la Coupe du monde, mais je trouve cela très triste de s'être qualifié sur ce... voilà, sur cette tricherie", a déclaré vendredi la ministre de l'Economie sur RTL. "Je trouve que la Fifa ferait bien de regarder les règles en vigueur parce que je trouve que ce serait bien de pouvoir, dans de telles circonstances, décider peut-être de faire rejouer un match. Si les règles sont mauvaises, il faut les remettre en cause."

Pour certains, il faut tout bonnement rejouer le match. Ainsi, trois députés UMP, membres du groupe d'amitié France-Irlande, regrettent amèrement que ce la ne soit pas possible : "Pour l'honneur de la France, la Fédération française de football devrait accepter la demande irlandaise de rejouer ce match", affirment Yves Deniaud, Marc Le Fur et Franck Gilard.

Quelques-uns ont déjà oublié la main, pour ne retenir que la qualification. "L'arbitrage fait partie du jeu : il nous a été favorable sur ce coup là, cela n'a pas toujours été le cas", déclare ainsi Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP. Côté PS, le député PS Manuel Valls assure que "si la France n'avait pas été qualifiée le pays aurait la gueule de bois. Nous sommes un drôle de pays où même quand on est qualifiés, on débat et on est tristes."