Maël de Calan et Florence Portelli : deux challengers, deux stratégies

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Maël de Calan et Florence Portelli : deux challengers, deux stratégies
Florence Portelli et Maël de Calan n'ont pas pris la campagne pour la présidence des Républicains par le même bout. @ AFP
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Les adversaires de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains ont bien peu de chances de l’emporter dimanche. Une situation qu’ils ont abordée avec une démarche diamétralement opposée. 

Ils sont tous deux trentenaires, aspirent tous deux à prendre la présidence des Républicains, et s’acheminent tous deux vers une défaite annoncée dimanche face à Laurent Wauquiez. Maël de Calan et Florence Portelli ont donc quelques points communs. Mais la stratégie qu’ils ont adoptée dans une élection annoncée comme ingagnable les oppose clairement. L’un a choisi la pondération et admet avoir déjà accepté la défaite, quand l’autre a préféré l’offensive et assure crânement croire en ses chances.

D’un côté donc, Maël de Calan. L’homme est un juppéiste, puisqu’il a été le porte-parole du maire de Bordeaux lors de la primaire de la droite, en novembre 2016. La chute, après la défaite face à François Fillon, a été dure, mais voilà le conseiller départemental du Finistère reparti au combat. Et tant pis si la défaite lui est promise. Son objectif, c’était de défendre "une droite européenne, sociale et pas identitaire", comme il la définit à Europe1.fr. Bref, tout le contraire d’un Laurent Wauquiez dont il n’hésite pas à brocarder les dérives "identitaires" et "eurosceptiques".

"J’ai des limites sur ma gauche et sur ma droite". De son côté, Florence Portelli, ancienne porte-parole de François Fillon, pourrait se situer naturellement sur la ligne défendue par Laurent Wauquiez. "Ah non. Il y a des choix que je ne ferais jamais ! J’ai des limites sur ma gauche et sur ma droite", s’agace-t-elle, alimentant les soupçons portés sur le favori de l’élection d’approcher d’un peu trop près la frontière avec le Front national. "Et j’ai aussi des limites sur la méthode. Je n’appelle pas pour dire à untel que s’il ne me soutient pas, il perdra son poste. Je ne pratique pas la politique de la pression. Franchement, il faudra s’intéresser un jour à ce qu’il se passe dans les fédérations", insiste aussi la candidate, visant là encore le camp Wauquiez.

Je réserve ma tendresse pour mes proches
Florence Portelli

Cela saute aux yeux, Florence Portelli a adopté dans cette campagne un style beaucoup plus offensif que l’autre challenger. Elle assume n’être pas tendre avec ses adversaires. "Je réserve ma tendresse pour mes proches", répond-elle. Et cela n’a pas échappé à Maël de Calan. "Je n’ai pas ménagé mes coups sur la ligne identitaire et sur la stratégie de Laurent Wauquiez, qui à mon sens nous amènent toutes deux dans une impasse électorale. Mais j’ai veillé à ne jamais attaquer les personnes. Florence Portelli a fait exactement l’inverse", estime le candidat.  

Et d’ailleurs, selon L’Opinion, l’entourage de Laurent Wauquiez garderait la dent dure contre Florence Portelli et ses attaques parfois virulentes. De quoi lui promettre une petite traversée du désert au sein de LR ? "Je m’en fiche complètement. Je n’y vais pas pour des postes. Si on me propose, je dirais non. Sinon ça sert à quoi d’être candidate ?", rétorque-t-elle à Europe1.fr. "Et ceux qui vous disent qu’ils acceptent des postes pour faire l’union après l’élection, c’est du pipeau. Ils y sont allés pour des postes."

Je me présente pour jouer le jeu du parti
Maël de Calan

Difficile de ne pas voir dans cette dernière phrase une pique envers Maël de Calan. "Je me présente pour jouer le jeu du parti", assume le candidat. "Et avec l’intention de faire peser au sein des Républicains ma ligne politique. Pour cela, il convient d’être présent dans deux instances importantes, que sont le Bureau politique et la commission d’investiture".

"Je n’y vais pas pour faire 10%". Reste le souci du score. Pour exister, Maël de Calan devra réaliser un score à deux chiffres. "A partir de 10 %, la ligne que je défends, pourra continuer à se faire entendre au sein des Républicains. Au-delà de 20 %, elle sera incontournable", expliquait lundi le candidat dans Le Parisien. Point de ces petits calculs pour Florence Portelli. "Je n’y vais pas pour faire 10%. C’est quand même un discours un peu curieux", déplore-t-elle. "Je veux me qualifier pour le deuxième tour d’abord, gagner ensuite".

Ce n’est pas le scénario le plus probable. Laurent Wauquiez pourrait même être élu dès le premier tour dimanche. Reste à savoir combien d’adhérents auront daigné faire l’effort de voter. C’est l’un des enjeux du scrutin. Et si la participation est faible, Maël de Calan et Florence Portelli ne se priveront pas de pointer la responsabilité du nouveau président des Républicains, accusé notamment d’avoir refusé la tenue d’un débat. Comme quoi, les deux challengers peuvent se retrouver sur certains points.