Macron veut "rétablir la vérité" sur sa situation fiscale

  • A
  • A
Macron veut "rétablir la vérité" sur sa situation fiscale
@ NICOLAS TUCAT / AFP
Partagez sur :

Le ministre de l'Économie s'est expliqué lundi soir sur Facebook sur sa situation fiscale, après les révélations de presse sur son patrimoine qui aurait été sous-évalué.

Près de deux semaines après les révélations du Canard Enchaîné et de Mediapart sur sa situation fiscale, Emmanuel Macron est sorti de son silence pour donner sa version des faits. Dans une tribune intitulée "Rétablir la vérité" et publiée lundi soir sur Facebook, le ministre de l'Economie dément avoir voulu dissimuler une partie de son patrimoine.

Ce qui est reproché à Emmanuel Macron. Depuis sa nomination, Emmanuel Macron a toujours assuré ne pas être assujetti à l'Impôt sur la fortune (ISF) malgré son passé de banquier chez Rothschild. Mais fin mai, Mediapart et Le Canard Enchaîné ont révélé que le fisc n'était pas d'accord avec la déclaration de patrimoine du ministre et l'ont donc réévalué à la hausse. Pour l'administration fiscale, les biens d'Emmanuel Macron valent bien plus que ce que ce dernier affirme. Résultat, selon leurs calculs, le ministre était bien assujetti à l'ISF pour les années 2013 et 2014, si bien que ce dernier a été amené à régler cet impôt.

Ce que répond le ministre. Dans un texte publié lundi sur Facebook, le ministre de l'Économie explique qu'"après mûre réflexion", il a "décidé de rétablir la vérité sur ces sujets, même si cela (le) conduit à révéler ce qui devrait rester privé". Sur l'impôt sur la fortune que le ministre a payé rétroactivement, il rappelle n'avoir "évidemment jamais rien dissimulé à l'administration fiscale" et ajoute qu'il n'a "pas sous-évalué (son) patrimoine en vue d'échapper à l'ISF, ni organisé de dispositif fiscal pour échapper à cet impôt". La première évaluation de la maison de son épouse au Touquet (1,2 million d'euros) avait été faite par un expert, rappelle-t-il. Mais les services fiscaux ont eu en 2015 une autre évaluation (1,45 million d'euros).

"Compte tenu de mes fonctions, (...) j'ai renoncé à engager plus avant les discussions. Alors que j'estime être parfaitement dans mon droit, il n'était pas envisageable pour moi, comme ministre, d'entamer un dialogue plus long voire une action contentieuse contre l'administration", ajoute le ministre qui précise avoir réglé 4.174 euros au titre de l'ISF en 2013 et 2.264 euros pour 2014. "La vie politique n'est pas une jungle où tout peut être dit pour salir, où le soupçon remplace la transparence et où les indispensables contre-pouvoirs deviennent un autre pouvoir lui-même intouchable", ajoute-t-il.