Macron, président des grandes villes, face à la France des territoires

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Le président de la République a rendez-vous lundi avec la France des territoires au Sénat. Le but : parvenir à un pacte entre l’Etat et les collectivités locales d’ici la fin de l’année, notamment sur les finances.

L'ÉDITO POLITIQUE

Le président des villes à la conquête des campagnes. Emmanuel Macron - c’est un des enseignements de la présidentielle - est le président des grandes métropoles, des centres urbains, des gros bourgs de province, de la France aisée, connectée, mondialisée. Les villages ruraux, les faubourgs des petites villes de campagne, cette France victime de la fracture numérique et grande sacrifiée de la mondialisation a voté majoritairement pour Marine Le Pen. 

Un chef d’État sans filiation rurale. Emmanuel Macron l’urbain n’incarne pas, par son parcours, la France des origines, celle des terroirs, illustrée par les Corréziens François Hollande et Jacques Chirac, François Mitterrand à Château-Chinon ou encore Valéry Giscard d’Estaing à Chanonat. Enfin et surtout, rien dans le programme de ce président ni dans ses premiers arbitrages n’est de nature à rassurer les élus locaux, qu’il s’agisse de la fin programmée de la taxe d’habitation ou du plan d’économies de fonctionnement imposé aux collectivités locales.

L’accroissement de la fracture sociale. Mais derrière l’enjeu économique que représente la première Conférence des territoires, il y a aussi la capacité des collectivités à assurer leurs missions. La question des déserts médicaux, de la prise en charge des personnes âgées, de l’entretien des routes, de la couverture numérique sont des sujets lourds, et il faut des moyens pour les résoudre. Or les collectivités locales ont vu leur dotation baisser lors du précédent quinquennat. Le risque c’est que la fracture entre la France urbaine, aisée et celle déclassée, oubliée des territoires ruraux et périurbains s’accroisse. Emmanuel Macron, élu d’une partie du pays, ne doit pas seulement écouter cette France qui ne croit plus en la politique ou qui vote Front national, il doit s’attaquer à ses maux.

Réconcilier deux France. Emmanuel Macron, qui a posé les actes d’un président qui veut apaiser, réconcilier, rassembler est attendu par cette France des territoires. Et cela prendra du temps, le temps d’un quinquennat, mais il doit dès aujourd’hui donner des gages. Outre la conscience de sa tâche et son dévouement, il y a aussi un calendrier politique qui peut le motiver : les élections sénatoriales de septembre, un scrutin qui, par nature, sera plus délicat à aborder pour La République en marche!.