03/11/2017 - 09h16

Macron et la "haine de la province" : Larcher (LR) recommande à Wauquiez la "modération"

© IAN LANGSDON / POOL / AFP

Le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) a conseillé vendredi à Laurent Wauquiez d'"utiliser avec modération" ses "mots" à l'endroit d'Emmanuel Macron, que le candidat à la présidence de LR a dépeint en homme habité par une "haine de la province".

"Je pense que le président est attentif à l'enselble du pays". Dans une tribune au JDD, Laurent Wauquiez, favori de l'élection à la présidence des Républicains, a dénoncé "le désert de l'âme" chez Emmanuel Macron qui, selon lui, n'a pas "d'amour charnel pour la France" mais une "haine de la province". "Ce n'est pas mes mots, je pense que le président de la République est attentif à l'ensemble du pays", a déclaré Gérard Larcher vendredi sur France 2. "Je me rappelle les premiers mots que je lui ai dits à la veille de la cérémonie d'investiture: n'oublions jamais le premier tour de l'élection présidentielle, une France divisée en quatre, une France qu'il faut rassembler. Voilà pourquoi je n'utilise jamais ces mots. Et je pense que nous devons, dans notre diversité, être des acteurs de ce rassemblement", a poursuivi le président du Sénat.

Des mots à utiliser "avec modération". A Laurent Wauquiez, "je lui ai dit très clairement que je pensais que c'étaient des mots qu'il fallait utiliser avec modération", a insisté Gérard Larcher. Interrogé sur les six premiers mois d'Emmanuel Macron à l'Elysée, Gérard Larcher a énuméré, dans "la colonne positif", le fait d'avoir "rétabli la fonction présidentielle" après cinq années "calamiteuses", les "réformes" engagées sur le travail et l'université et les négociations à venir sur la formation professionnelle et l'assurance-chômage. "Et puis il y a les aspects qui à mes yeux sont négatifs". "Le président n'a pas réussi à susciter et à construire une confiance durable avec les territoires", a développé le sénateur des Yvelines.

Il faut "faire confiance aux communes". "J'ai dit au président qu'il fallait faire confiance aux communes, au départements, aux régions. Que naturellement elles devaient participer à l'effort notamment financier et budgétaire, mais qu'on ne relance pas l'économie d'un pays, on ne relance pas sa cohésion sans la cellule de base de cette cohésion qu'est d'abord la commune, sans la dimension sociale qu'apporte le département, sans la dimension économie et d'infrastructure de la région". Gérard Larcher a également pointé une "petite déception politique. On m'avait dit qu'il y aurait un nouveau monde. Je vois qu'à la REM les bonnes vieilles techniques de désignation par le chef continuent. C'est sans doute une réflexion pour ma famille politique qui est elle-même en débat, en réflexion".