L'Outre-mer, un enjeu pour la présidentielle

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Plusieurs candidats à l'élection présidentielle sont en déplacement en Outre-mer, dans l'espoir de glaner des voix.

L'ÉDITO POLITIQUE

La campagne présidentielle bat son plein en Outre-mer. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont aux Antilles, Marine Le Pen était à la Réunion il y a quelques semaines, et ce week-end en Guyane. L’Outre-mer est un véritable enjeu pour la présidentielle.

7% du corps électoral. L’Outre-mer représente 1.600.000 électeurs. Pour rappel, en 2002, Lionel Jospin a été battu de 200.000 voix par Jean-Marie Le Pen. Avec le vote des ultra-marins installés en métropole, on atteint 3 millions de votants. L’Outre-mer c’est 7% du corps électoral qui pèse d’autant plus lourd si les résultats sont serrés.

La France qu’on câline. Tous les cinq ans les candidats à la présidentielle se rappellent donc au bon souvenir de nos compatriotes des Antilles, de la Réunion voire de la Polynésie. Avec des promesses, toujours les mêmes : on ne vous oubliera pas ! Le chômage endémique qui bat des records, notamment chez les jeunes, sera une priorité, le coût de la vie on s’y attaquera, etc. Et c’est d’ailleurs sur ce thème que Marine Le Pen fait campagne à la Réunion ou en Guyane : la France des oubliés. Cette France qu’on câline le temps de la campagne et qu’on oublie une fois élu… Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon promettent aussi d’être là dans la durée. La vérité c’est que c’est souvent un petit tour, et puis s’en va.

Les promesses non tenues. Si on regarde le bilan de François Hollande concernant l’Outre-mer, le compte n’y est pas vraiment. Candidat, il avait formulé 32 promesses pour l’Outre-mer. Il en a tenu ou est en passe d’en tenir 20. Pas mal, me direz-vous. Deux bémols de taille cependant : les 10 promesses non tenues sont des mesures qui tiennent à la spécificité des territoires : la Guyane, la Réunion, la Martinique. Les problématiques de chaque territoire d’outre-mer sont différentes. Les problèmes de sécurité, ou d’immigration ne sont pas les mêmes à Mayotte ou à Saint-Pierre et Miquelon. Second bémol : le fossé économique s’est creusé entre la métropole et les Outre-mer au rythme des crises, et des élections présidentielles.

Un plan Marshall pour l’Outre-mer. Il ne s’agit pas de leur dire qu’on ne les oublie pas, ou de les considérer avec des mesures trop souvent symboliques, il s’agit mettre en œuvre un plan Marshall pour l’Outre-mer, avec des efforts budgétaires et des réformes structurelles. Une nécessité d’autant plus forte que ces territoires sont exposés plus que nous encore aux risques climatiques, environnementaux et à la pression migratoire.