Loi El Khomri : la ministre dénonce une "confusion orchestrée"

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Loi El Khomri : la ministre dénonce une "confusion orchestrée"
@ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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EMPLOI - En déplacement à Rungis, Myriam El Khomri a estimé que son texte était caricaturé et incompris, puis a promis "un maximum de débats" au Parlement.

Alors que son projet de loi de réforme du Code du travail est sous le feu nourri des critiques, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dénoncé mardi "une confusion orchestrée" et des "manipulations" autour de son texte. "Quand je vois que ma loi permet de travailler 60 heures par semaine, c'est faux", a déploré la ministre, en déplacement à Rungis, dans le Val-de-Marne. "Quand je vois que ma loi permet de ne pas payer les astreintes, c'est faux. Il me semble que la confusion orchestrée ici ou là ne permet pas d'avoir un débat utile pour notre démocratie."

"Pour la démocratie sociale". Selon Myriam El Khomri, qui visitait un chantier de logements avec le ministre des Finances, Michel Sapin, cette loi est "pour la démocratie sociale" et "vise à élargir l'objet des négociations". "Il faut faire attention aux manipulations qui font que des choses, parfois, ne représentent pas le texte que je présente." La ministre a néanmoins dit comprendre les "questionnements" car "la réforme est d'ampleur". "Il faut bien sûr que nous continuions à convaincre, à expliquer les choses". Même son de cloche du côté de Michel Sapin, qui a reconnu que cette "belle réforme" touchait "à beaucoup de dispositions" et nécessitait donc "explications et clarté".

"Un maximum de débats". La réforme du travail, examinée actuellement par le Conseil d'Etat, devrait être présentée en conseil des ministres le 9 mars, avant d'arriver à l'Assemblée nationale le 4 avril. Myriam El Khomri a appelé à organiser "un maximum de débats" au Parlement. Un discours qui tranche avec son interview, donnée aux Echos la semaine dernière. Dans cet entretien, la ministre prévenait d'ores et déjà que le gouvernement "prendrait ses responsabilités" pour mener le texte au bout, laissant planer la possibilité d'utiliser l'article 49.3 pour éviter un vote.