Loi asile et immigration : Brice Hortefeux dénonce "un texte tout petit, technique, procédural"

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L'eurodéputé estime notamment que le texte actuellement débattu à l'Assemblée nationale ne fixe pas de cap quant aux nombre d’étrangers que la France veut accueillir sur son sol.

INTERVIEW

C’est un texte qui divise l’Assemblée nationale, jusqu’au sein même de la majorité présidentielle : les députés se penchent depuis le début de la semaine sur le projet de loi asile et immigration. Les débats s’éternisent au point d’avoir dû décaler les vacances des élus, notamment car l’opposition de droite ralentit le vote, qui devrait intervenir ce dimanche.

"Les Républicains ne peuvent pas approuver ce texte ", a commenté Brice Hortefeux, invité dominical du Grand Rendez-Vous d’Europe 1/CNews/Les Echos. "Pas par idéologie, pas par parti pris, pas par opposition systématique – à titre personnel je pense que Gérard Collomb et ses équipes ont volonté de bien faire […] -, il y des avancées, mais c’est un texte tout petit, technique, procédural", déplore-t-il.



Quelle orientation pour la politique migratoire ? "À aucun moment dans ce texte se pose la question : voulons nous voir, oui ou non, la population étrangère continuer à augmenter, ou voulons nous qu’elle diminue ?", relève l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy. "Le gouvernement, la majorité et le président de la République sont très ambigus sur ce sujet. C’est le chaud et le froid, le ‘en même temps’. Résultat : on n’y comprend rien", tacle-t-il.

"La politique migratoire doit avancer avec des principes. Il y a un principe : un étranger qui vient illégalement sur notre territoire a vocation à repartir dans son pays d’origine. Ne pas le dire serait une faute extrêmement grave", ajoute encore Brice Hortefeux. "Nous, nous disons : il faut baisser l’immigration dans notre pays. Les autres sont flous", conclut-il.

Aide aux migrants : l'Assemblée assouplit les règles du "délit de solidarité"

Au septième jour des débats sur le texte asile et immigration, les députés ont adopté par 133 voix contre 21 (et deux abstentions) un amendement du gouvernement, similaire à des amendement MoDem et LREM, qui prévoit des "exemptions" au délit de solidarité. La grande majorité des groupes ont affiché leur soutien, à l'exception de LR  et du FN.

"Préserver la dignité ou l'intégrité physique". Ce sera notamment "lorsque l'acte reproché a consisté à fournir des conseils et de l'accompagnement, notamment juridiques, linguistiques ou sociaux, ou des prestations de restauration, d'hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l'étranger", précise le texte.