Livres numériques : Aurélie Filippetti se paye Amazon

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Livres numériques : Aurélie Filippetti se paye Amazon
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La ministre de la Culture a dénoncé les "pratiques inqualifiables" du géant américain, en guerre avec Hachette sur le prix des e-book.

Attaquée par Amazon sur le marché américain du livre numérique, Hachette a reçu un soutien de poids mardi. Dans Le Monde, Aurélie Filippetti a dénoncé l’attitude du géant américain, engagé dans une guerre avec le groupe d’édition français au sujet des e-book. Alors que la firme de Seattle milite pour des baisses des prix, la filiale du groupe Lagardère (également propriétaire d’Europe 1) refuse de s‘y plier. Du coup, Amazon a adopté des mesures de rétorsion contre Hachette en allongeant par exemple les délais de livraison de ses livres et en bloquant les pré-commandes.

"Abus de position dominante"."Cet épisode est une nouvelle révélation des pratiques inqualifiables et anticoncurrentielles d'Amazon", juge Aurélie Filippetti dans Le Monde daté de mercredi. "C'est un abus de position dominante et une atteinte inacceptable contre l'accès aux livres. Amazon porte atteinte à la diversité littéraire et éditoriale."

Une coalition de 900 auteurs, dont Stephen King et Donna Tartt, a dénoncé dans une tribune publiée dimanche par le New York Times les pratiques d'Amazon. "Les auteurs qui ont signé la tribune ne sont pas tous publiés par Hachette, ils ont simplement conscience de l'intérêt général", rappelle la ministre de la Culture. "Pour ma part, je défends l'écosystème du livre en entier, pas un acteur en particulier."

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Une loi "anti-Amazon". La France tente aussi de contrer sur son territoire les ambitions du groupe américain. Le parlement français a adopté le 26 juin une loi dite "anti-Amazon" qui empêche les vendeurs de livres sur internet d'offrir à leurs clients français à la fois un rabais de 5% sur le prix unique et la gratuité des frais de port, une possibilité jugée déloyale par les libraires français. Amazon a riposté le 10 juillet en facturant seulement un centime les frais de port. "Nous n'avons jamais dit que cette loi allait tout régler. C'était un combat politique", souligne Aurélie Filippetti dans Le Monde. "Nous savions qu'ils allaient chercher à la contourner."

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Elle ajoute que ce sont "des banderilles que nous continuerons à planter dans le flanc d'Amazon" et se félicite de constater que le syndicat des libraires allemands a déposé une plainte antitrust contre Amazon. "Cela montre que nous ne sommes pas dans le combat du village gaulois contre l'ogre américain. C'est un combat global contre une mise en péril de l'écosystème du livre."