L’insécurité et la menace terroriste préoccupent les Roannais

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ÉPISODE 2 - Jusqu'au second tour de la présidentielle, Europe 1 pose ses valises à Roanne, une ville de 35.000 habitants qui a voté comme l’ensemble de la population française au premier tour.

REPORTAGE

Les Roannais aussi ont suivi mardi la cérémonie d’hommage à Xavier Jugelé, le policier tué sur les Champs-Elysées. La scène se passe à 400 kilomètres de Paris, et pourtant, dans un café de la place de la mairie, Mireille demande au serveur de monter le son. "J’ai pleuré pour lui. C’est eux qui protègent la France. Les pauvres, ils ont peur mais ils font leur boulot, surtout les policiers municipaux. Vous les trouvez dans tous les coins. Il faut les aimer ces gens-là", déclare-t-elle, la gorge nouée, au micro d’Europe 1. Elle n’hésite pas à aller saluer un groupe de policiers qui passent devant le bar.

Agressé "pour une cigarette ou une pièce". Ces hommes patrouillent jusqu’au marché. Là-bas, panier à la main, Nicole et Jacqueline discutent des attentats : "J’allais à la fête de la musique, je n’y vais plus. J’ai peur de me retrouver dans une foule". Mais aussi de l’insécurité en ville : "Lorsque c’est la nuit, il y a des femmes qui se font arracher leur sac, ou un bijou si on le voit. On se fait agresser pour une cigarette ou une pièce".

"Roanne, c'est pas Chicago". Pour garantir la sécurité des citoyens, la ville a pourtant mis en place des mesures. Les effectifs de la police municipale ont été augmentés, et les agents sont désormais armés. C’était une promesse électorale du maire. 150 caméras de vidéo-surveillance ont également été installées au sommet des lampadaires pour lutter contre les cambriolages et les agressions, même si la ville est plutôt calme, comme l’affirme un enquêteur de la police nationale. "Roanne, c’est quand même pas Chicago. Vous pouvez vous balader, il y a peu de chance que vous vous fassiez agresser."

La menace terroriste. Et dans les patrouilles de brigade anti-criminalité, Aymeric et ses collègues parlent du risque attentat. "On en parle beaucoup. Ici, on a des salles de spectacle de 5.000 personnes. On est pas à l’abri d’un terroriste qui commette un drame". D'ailleurs, c’est avec stupeur que certains habitants évoquent ce djihadiste identifié il y a plusieurs mois par les services de renseignements, qui aurait été tué en Irak, et qui a grandi et travaillé dans un quartier de Roanne.

>>> Retrouvez le premier épisode de notre série : Chômage et fermetures des commerces inquiètent les Roannais