L’inquiétude des Américains face à "la plus extraordinaire" des présidentielles

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L’inquiétude des Américains face à "la plus extraordinaire" des présidentielles
@ TIMOTHY A. CLARY / AFP
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Pour les Etats-Unis, l'élection présidentielle française est le dernier rempart contre l'effondrement de l'ordre mondiale post-1945.

L'ÉDITO POLITIQUE

John Oliver l’animateur star de la chaîne américaine HBO nous adresse une vidéo à nous, Français, vidéo vue plus de 4 millions de fois sur YouTube. Son message : "Don’t Fuck up". Pour traduire poliment, "Ne vous trompez pas". Ne vous trompez pas, comme nous l’avons fait avec Donald Trump, ne prenez pas le risque de porter au pouvoir un anti-européen, populiste, protectionniste.

"Plus folle encore que celle qu’a connu l’Amérique". Et John Oliver n’est pas le seul à s’intéresser aux Français. Le New York Times a consacré plusieurs éditos aux enjeux de la présidentielle française, le Wall Street journal, le Financial Times, la revue Foreign Policy, tous les grands journaux américains ont qualifié cette présidentielle française de "plus folle encore que celle qu’a connu l’Amérique", "la plus extraordinaire de la Vème République". Et Hollywood aussi s’y intéresse ! Des acteurs Américains, à l’image de Dany Glover, s’impliquent directement, en l’occurrence pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. C’est du jamais vu. Jamais dans l’histoire récente l’Amérique ne s’était autant intéressée à une présidentielle française.

La fin d’un monde. C’est une certaine Amérique qui s’inquiète, en l’occurrence celle qui s’est battue contre l’élection de Donald Trump. Car, après le Brexit, après l’élection de Trump, l’élection d’un candidat qui précipiterait la fin de l’Union européenne, sa dislocation, consacrerait la fin d’un monde.

Je ne parle pas seulement de l’inquiétude liée à l’effondrement de l’euro et à la chute des marchés qui inquiète le monde de la finance, non l’inquiétude porte surtout sur la fin de l’ordre hérité de 1945 : la fin de l’Otan, le retour des nationalismes en Europe, la résurgence des frontières et surtout, mécaniquement, la domination Russe sur l’ensemble du vieux continent. Un scénario cauchemardesque redouté par cette Amérique des démocrates et des Républicains modérés, qui regardent la présidentielle française comme l’élection la plus cruciale qui soit pour l’Amérique, et donc pour le monde entier.