L'exclusion des Constructifs, c'est (aussi) une histoire de sous

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L'exclusion des Constructifs, c'est (aussi) une histoire de sous
À l'Assemblée, le groupe des "Constructifs" compte quelques élus LR, qui pourraient être exclus de leur parti.@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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LR menace d'exclusion ses élus qui sont aujourd'hui rassemblés sous l'étiquette des "Constructifs" à l'Assemblée. Mais leur décision est suspendue à des considérations financières.

ON DÉCRYPTE

Le sort des Républicains "Constructifs" est-il scellé ? Ces députés issus des rangs de la droite ont décidé, une fois élus, de ne pas se positionner en franche opposition au gouvernement, créant leur propre groupe à l'Assemblée avec les UDI. Ce qui a passablement agacé leurs camarades "vraiment" LR, décidés à ne pas se laisser entraîner dans la spirale de la "bienveillance" macroniste.

Des menaces de sanction n'ont pas tardé à pleuvoir sur les dissidents. Et les deux cofondateurs du groupe des Constructifs, Thierry Solère et Franck Riester, qui avaient reçu au début de l'été une convocation préalable à une procédure d'exclusion, pourraient bien être débarqués dès le mois d'octobre. Pour l'instant, néanmoins, ils sont les seuls. Les autres députés LR Constructifs ne sont pas inquiétés.

Le rattachement en question. Une inégalité de traitement qui tient, aussi, à une histoire d'argent. En effet, une fois élu, chaque député choisit de se rattacher financièrement à un parti ou un groupe politique. Ce rattachement est très important pour le parti ou le groupe, qui va percevoir des subventions de l'État en conséquence : environ 40.000 euros par élus.

Un député peut choisir de se rattacher à n'importe quel parti –et même n'en choisir aucun. C'est ainsi que, sous la précédente législature, le socialiste Jean-Pierre Maggi avait préféré attribuer sa subvention au Parti radical de gauche plutôt qu'au PS, quand l'UMP Yannick Moreau s'était rattaché à Debout La France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan.

Des dettes à éponger. Si LR rechigne tant à exclure des députés, c'est donc aussi parce qu'il court le risque de se priver d'une manne précieuse. "Ce n'est pas un scoop, le parti est très endetté", rappelle un élu LR. Cinq ans après l'affaire Bygmalion, il cumule encore plus de 50 millions d'euros de dettes. À cela s'ajoutent les dépenses de campagne. Le trésorier, Daniel Fasquelle, avait réussi à mettre de côté 6.000 euros pour chaque candidat investi par LR aux législatives, quelles que soient ses chances de victoire. Obtenir le rattachement de ceux qui l'ont emporté est un moyen de compenser l'investissement de départ.

Mais s'il prenait l'envie aux Constructifs de constituer leur propre parti, comme Thierry Solère l'a évoqué ces derniers jours, et que les députés LR du groupe venaient à changer de rattachement, les exclusions devraient se multiplier.