Leur tout premier Conseil des ministres

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Leur tout premier Conseil des ministres
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L’image, le fond, les débuts d’une jeunotte… Les points clés du premier conseil du gouvernement.

"Historique", "stimulant", "fécond" mais aussi "solennel", "sérieux", "studieux "et même "grave"… Les mêmes mots revenaient à la bouche des nouveaux ministres, à l’issue de leur premier conseil jeudi. Tous affichaient leur satisfaction d’être présents, tout en gardant à l’esprit la gravité du moment et la nécessité de se mettre au travail,  martelées tout au long du conseil par le président Hollande. L’ambiance, le fond, la charte de déontologie et les débuts de la jeune porte-parole Najat Vallaud-Belkacem…  Europe1.fr vous le résume en sept points.

#L’arrivée. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem arrivent les premiers dans la cour de l’Elysée, aux alentours de 14h30. Leurs 33 collègues suivront jusqu’à 15h, heure à laquelle ils démarre le premier conseil des ministres de ce nouveau quinquennat. Le nouveau ministre de la Défense Jean Yves Le Drian  est le dernier arrivé à l’Elysée (14h55).

L’image forte de cette arrivée est la photo entre Manuel Valls et Christiane Taubira. Les ministre de l’Intérieur et de la Justice traversent la cour ensemble et posent longuement tous les deux devant les photographes. Un signal fort tant les dissensions ont émaillé l’histoire des deux ministères.  

#La réunion. Les 34 ministres tiennent conseil autour d’une grande table de la salle Murat, au premier étage du Palais de l’Elysée. Laurent Fabius siège à la droite de François Hollande, et Christiane Taubira à sa gauche, conformément au protocole.  

#Au menu du conseil. Le conseil a évoqué entre-autre la réduction des salaires de 30% des ministres. Elle prendra effet aujourd’hui. La réduction (30% aussi) des revenus du Premier ministre et du Président sera votée à l’Assemblée et rétroactive, et donc effective dès le 15 mai.  

Les budgets de fonctionnement des cabinets de ministres seront également réduits de 10%.

Le conseil a enfin rappelé le principe du non cumul des mandats : chaque ministre devra renoncer aux mandats exécutifs locaux, du simple adjoint au maire au président du Conseil régional.

#La (les) photo(s) de classe. Les 34 ministres sortent à 15h50, et se rassemblent devant l’escalier de l’entrée pour prendre la pose. Leur place est indiquée précisément par terre sur les marches du perron. On apercevra Arnaud Montebourg faire rire Manuel Valls, et François Hollande faire rire tout le monde. Les ministres poseront quelques secondes souriants et détendus, puis leurs mines se raffermiront avant la fin des flashs.  

Le Premier ministre et le chef de l’Etat reposeront une deuxième fois seuls avec les femmes, tous très souriants, voire hilares. "Je vais mettre fin à la parité, désormais il n’y aura un gouvernement que de femmes", plaisante François Hollande.

#La sortie des ministres. Les ministres rentrent ensuite quelques secondes à nouveau dans le Palais puis ressortent et quittent l’Elysée. Certains comme le ministre du Budget Jérôme Cahuzac refuseront de parler aux journalistes, arguant la nécessité de se mettre au "travail immédiatement".

Mais beaucoup se plient au jeu des interviews, dont bon nombre de nouveaux visages. "C’est un honneur et une fierté d’être ici. C’était très solennel, fort en émotion. Le président nous a dit de nous mettre au travail pour redresser la France", raconte la ministre déléguée au Commerce Sylvia Pinel, qui avoue également que le président n’y a pas été tutoyé car la "République le demande".

"Nous étions très fiers et un peu intimidés. Pour beaucoup c’est notre premier conseil des ministres. Respect des institutions, du citoyen, déontologie, partage des tâches entre un président qui donne les directives et un Premier ministre qui coordonne l’action du gouvernement…  Le président nous  a exposés le cadre général de travail", témoigne Fleur Pellerin, 38 ans, ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’Economie numérique.

"C’est un moment d’Histoire, déclare même Arnaud Montebourg. Le chef de l’Etat nous a expliqué comment nous allons préparer le changement. Et nous a fait comprendre combien un devoir d’exigence et d’exemplarité pesait sur nos épaules".  

#La charte déontologique. Pas de cadeaux ni d'invitations privées, des déplacements en train, respect du code de la route, solidarité absolue entre les ministres... Les membres du gouvernement ont signé une chartre qui devra régir leur conduite durant toute leur présence dans l’exécutif.  Un texte de deux pages qui doit instaurer "l'existence d'un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent" et constate "qu’un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l'entamer durablement."

La charte rappelle surtout que "seules les dépenses directement liées à l'exercice des fonctions sont prises en charge par l'Etat".

Les membres du gouvernement, devront enfin "prévenir tout soupçon d'intérêt privé", et remplir dès leur entrée en fonction, "une déclaration d'intérêts", laquelle "sera ensuite rendue publique".

#Les débuts de Belkacem. La toute jeune ministre du Droits des femmes et porte-parole du gouvernement de 34 ans a fait jeudi son premier compte-rendu de Conseil des ministres, exercice maintenant hebdomadaire. Sa prestation dénote bien de l’Etat d’Esprit des ministres jeudi : heureux et devant faire montre de gravité. La jeune femme est arrivée tout sourire et a prononcé le compte-rendu solennellement, en lisant sa feuille.

"Rigueur, devoir et honneur ont été les maîtres mots. Le chef de l’Etat nous a rappelé qu’il fallait se concentrer exclusivement au service des Français" a-t-elle déclaré. Présentation de la charte déontologique, respect du partage des tâches au gouvernement, du parlement, des partenaires sociaux et de l’administration…  Najat Vallaud-Belkacem a résumé ce qui a été évoqué au conseil en quelques minutes. Plus qu’il  n’en fallait pour transmettre le message général. Il a été consacré au travail, l’exemplarité des ministres et au partage des tâches… Tout ce qui, selon les socialistes, manquait au précédent gouvernement.