Les multiples rebondissements d’une folle présidentielle

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Les multiples rebondissements d’une folle présidentielle
Les temps forts de l'élection présidentielle 2017.@ PAUL DEFOSSEUX, IRIS DE VERICOURT, PAZ PIZARRO / AFP
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Depuis plusieurs mois, nombre d’événements sont venus donner à la campagne actuelle un caractère inédit, mais parfois aussi fou.

INFOGRAPHIE

On peut reprocher à l’actuelle campagne présidentielle de ne pas assez aborder les questions de fond. On peut en revanche difficilement l’accuser d’être ennuyeuse. On peut même aisément la qualifier de complètement folle. Élimination tonitruante, renoncement surprise, ralliement spectaculaire, mais aussi, évidemment, les affaires… Les rebondissements, tous aussi assourdissants les uns que les autres, n’ont cessé d’alimenter la chronique politique. Pour s’y retrouver un peu, Europe1.fr remonte le fil des dernières semaines.

19 octobre : Duflot passe à la trappe

C’est le premier coup de tonnerre, certes très relatif, de la présidentielle. Annoncée comme grande favorite du scrutin, Cécile Duflot est éliminée dès le premier tour de la primaire écologiste le 19 octobre dernier, au profit de Michèle Rivasi et de Yannick Jadot. C’est finalement ce dernier qui sera désigné candidat. On ne le sait pas encore, mais cette défaite surprise de l’ancienne ministre du Logement en annonce beaucoup d’autres.
 
16 novembre : Macron finit par se décider

Après plusieurs semaines de vrai-faux suspense, Emmanuel Macron finit par officialiser sa candidature. Ce n’est pas une grande surprise, tant le fondateur d’En marche ! avait envoyé des signaux dans ce sens, mais c’est quand même une date importante de la présidentielle. Car quatre mois plus tard, l’ancien ministre de l’Économie est devenu le favori des sondages.
 
20 novembre : Sarkozy poussé vers la retraite

Lors du premier tour de la primaire de la droite, un tremblement de terre ébranle la classe politique française. Nicolas Sarkozy, donné favori avec Alain Juppé, est éliminé très largement, battu par le maire de Bordeaux et surtout par François Fillon. L’ancien président de la République est contraint, pour la deuxième fois, à annoncer sa retraite politique. Il est depuis devenu membre du conseil d’administration du groupe Accor.
 
27 novembre : Fillon renvoie Juppé à Bordeaux

Après Nicolas Sarkozy, une autre figure de la politique quitte la scène. Alain Juppé est balayé par François Fillon au second tour de la primaire de la droite. L’ancien Premier ministre rentre donc tête basse à Bordeaux, en ayant terminé, sans aucun doute, avec ses ambitions au niveau national.
 
1er décembre : Hollande jette l’éponge

Jamais deux sans trois. Après Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, un troisième responsable politique de premier plan tire sa révérence. Il s’agit, ni plus ni moins, que du président de la République sortant, François Hollande. Le chef de l’Etat, confronté à une impopularité record, mis à mal par la sortie du livre Un président ne devrait pas dire ça…, décide de ne pas briguer un second mandat consécutif. Son choix est logique, mais la surprise reste très grande. François Hollande avait gardé jusqu’au bout le secret sur sa décision, mais beaucoup, tout de même, le voyaient rempiler.
 
24 janvier, la bombe du PenelopeGate explose

Assurément, c’est la principale déflagration, celle qui a le plus marqué au fer rouge cette campagne présidentielle. Le 24 janvier, Le Canard Enchaîné révèle que François Fillon a employé, sur plusieurs périodes, son épouse Penelope comme assistante parlementaire. Surtout, l’hebdomadaire satirique met en doute la réalité de cet emploi. Le PenelopeGate est lancé. Il sera alimenté tant par la défense maladroite du candidat et de ses soutiens que par de nouvelles révélations et la rapidité de l’enquête. Le feuilleton, quasi-quotidien, n’a toujours pas connu son épilogue.
 
29 janvier : Hamon met Valls au tapis

Exit François Hollande, exit Manuel Valls aussi. Aucune tête du couple exécutif ne défendra le bilan du quinquennat, puisque le Premier ministre, longtemps favori des sondages, est finalement battu par Benoît Hamon au second tour de la primaire du PS. Encore une surprise, encore un rebondissement.
 
22 février : Bayrou s’allie à Macron

Si les paris étaient légaux en ce qui concerne la politique en France, il aurait fallu miser sur un renoncement de François Bayrou. Pendant de longues semaines, le président du MoDem envoie tous les signaux d’une prochaine candidature. Quand il convoque la presse, la conviction de beaucoup est faite : c’est pour annoncer sa candidature. Finalement, le maire de Pau annonce à la surprise générale son ralliement à Emmanuel Macron.

23 février : Jadot se retire au profit d’Hamon

Devenu un véritable feuilleton, le rapprochement entre le socialiste Benoît Hamon et l’EELV Yannick Jadot allait bon train depuis plusieurs semaines. Au 20 heures de France 2, le suspense prend fin : le candidat écologiste annonce son ralliement au vainqueur de la primaire de la gauche, fruit d’un accord entre les deux camps. "Maintenant, on va pouvoir passer à autre chose. Je vais pouvoir m’adresser aux Français et retrouver ma liberté", confie au même moment un Benoît Hamon soulagé. En revanche, le rapprochement un temps envisagé avec Jean-Luc Mélenchon n’aboutit pas

1er mars : Fillon annonce qu’il est convoqué mais qu’il restera candidat

Un mois pour changer d’avis. Après les premières révélations du Penelopegate, fin janvier, François Fillon avait déclaré que seule une mise en examen pourrait le conduire à abandonner. Ce mercredi, sa campagne prend une tournure rocambolesque : le candidat annule le matin sa visite au Salon de l’agriculture, ce qui relance les rumeurs de renoncement. Un retrait qu’il refuse pourtant d’acter malgré sa convocation chez les juges en vue d’une mise en examen, face aux journalistes qu’il a réunis à son QG, vers midi. "Je ne céderai pas, ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j’irai jusqu’au bout, parce qu’au-delà de ma personne c’est la démocratie qui est défiée", lance-t-il aux Républicains, plus divisés que jamais.

3 mars : Le Pen boude la justice

Décidément, les juges n’ont pas la cote auprès des candidats. Après François Fillon, c’est au tour de Marine Le Pen de défier la justice dans l’affaire des assistants FN au Parlement européen, la dirigeante du parti d’extrême droite fait front et refuse de se rendre à la convocation des juges. La raison ? Un calendrier judiciaire selon elle indexé sur l’agenda politique.

5 mars : Pari réussi au Trocadéro pour Fillon

Quitte ou double. Pression judiciaire accentuée, famille politique déchirée, popularité en berne : sur le point de renoncer, le samedi, François Fillon mise tout sur sa base pour reprendre la main. Au Trocadéro, un dimanche après-midi, celui qui a implicitement indiqué qu’il se retirerait si l’affluence était faible voit devant lui plusieurs dizaines de milliers de personnes le soutenir. Un tour de force pour rester en place et évacuer tout plan B, qu’il s’agisse de François Baroin ou d’Alain Juppé.

14 mars : Fillon avance sa mise en examen

Si la mise en examen de François Fillon était attendue, c’est le timing qui surprend tout le monde. Au lieu du mercredi initialement prévu, l’audition des juges se déroule le mardi et permet au candidat LR d’esquiver les médias dans une séquence catastrophique, au coeur d’une campagne enlisée.