Les syndicats hostiles à une réforme du travail dominical

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Les syndicats hostiles à une réforme du travail dominical
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Les syndicats ont nettement marqué lundi leur hostilité à toute extension de l'ouverture dominicale des magasins, au lendemain de l'annonce par le gouvernement d’une nouvelle loi.

A quelques jours du 1er mai qui les verra défiler tous ensemble, les syndicats ont fait chorus pour dénoncer la volonté gouvernementale, exprimée dimanche par le ministre du Travail Brice Hortefeux et confirmée lundi par le premier ministre François Fillon, de remettre en chantier une proposition de loi sur ce sujet. A Mulhouse, le premier ministre s'est en effet fait l'avocat d'une réforme qui, a-t-il dit, ne vise pas à "faire travailler tous les Français le dimanche" mais à "répondre à des questions très spécifiques concernant en particulier les zones touristiques".

Un projet "hors-sujet" pour François Chérèque. " Je pense que les salariés, qui sont en train de perdre leur emploi, vont être bien surpris que ce soit la priorité du gouvernement", s’est indigné le secrétaire général de la CFDT, lundi sur Europe1. "Economiquement, il n’y a aucune étude qui prouve que le travail du dimanche amène de l’emploi et aidera l’économie en France", a encore ajouté François Chérèque.


Son homologue Bernard Thibault (CGT) a été catégorique. "C'est de la provocation pure et simple, au nom d'un dogmatisme politique", a-t-il asséné. Selon lui, "l'ouverture des commerces le dimanche bénéficiera avant tout aux grandes surfaces et sera au final (nuisible à) l'emploi". Dans un communiqué, Force Ouvrière a exprimé "sa ferme opposition à toute extension du travail le dimanche", appelant "à intégrer la défense du repos hebdomadaire dans les revendications du 1er mai".

Le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a annoncé dimanche qu'un projet de loi sur le sujet serait déposé dans les prochaines semaines. L'examen d'un premier projet, combattu par un petit groupe de députés UMP, toute la gauche, les syndicats et plusieurs groupes d'intérêts avait été repoussé sine die en janvier. Il est question d'élargir les possibilités d'ouvrir les commerces le dimanche dans certains secteurs de certaines grandes villes.