Les spots de campagne, nouvelle version

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Les spots de campagne, nouvelle version
Les clips pour le second tour de Nicolas Sarkozy et François Hollande sont arrivés sur le site de France TV Info.@ FRANCE TV
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VIDEO - Découvrez les clips officiels de François Hollande et Nicolas Sarkozy pour le second tour.

Les clips officiels des deux finalistes pour le second tour ont été rendus publics lundi sur le site Internet de France TV Info. D'une durée de 3"05 minutes chacun, les spots de François Hollande et de Nicolas Sarkozy sont relativement semblables sur la forme.

Les prises de parole des deux candidats sont ainsi entrecoupées d'interventions de sympathisants triés sur le volet. Chez Nicolas Sarkozy, des gens de tous âges vantent à tour de rôle les qualités de leur candidat ("Nicolas Sarkozy, c'est quelqu'un qui ne se laisse pas faire". "Je suis pour Nicolas Sarkozy parce qu'il parle juste"). Côté socialiste, c'est plutôt la philosophie du programme de François Hollande qui est mise en avant par les intervenants ("C'est maintenant qu'il faut maîtriser la finance". "C'est maintenant qu'il faut retrouver le sens de ce qui est juste"). Au-delà des mots, Stephen Bunard, synergologue et spécialiste de la communication a scruté les gestes de ces présidentiables. Pour Europe1.fr, il livre son analyse et décode le langage "non verbal" des candidats.

Regardez le clip de campagne de Nicolas Sarkozy :

"J'ai choisi d'entendre"

Sur le fond, le message de Nicolas Sarkozy est dans la veine de sa stratégie de séduction des électeurs FN adoptée dans l'entre-deux tours. "J'ai choisi d'entendre, d'écouter ce que vous nous avez dit à nous, à tous les candidats", entame le président sortant. Ce dernier évoque ainsi longuement la question de l'immigration ("la vérité c'est que l'Europe ne peut plus continuer à être une Europe passoire, l'Europe doit avoir des frontières"). Au passage, Nicolas Sarkozy pointe du doigt le droit de vote des étrangers aux élections locales, proposition du candidat socialiste ("si les étrangers veulent voter alors qu"ils demandent à être Français").

L'analyse gestuelle : "Très vite, Nicolas Sarkozy nous montre les codes dominants qu'on retrouve chez lui : l'index pointé ou encore le fait par exemple de toucher un ouvrier sur l'épaule. Dans les dix premières secondes, on a le chef de clan à l'oeuvre", note d'abord Stephen Bunard. Lorsqu'il parle immigration, "Nicolas Sarkozy présente majoritairement son profil gauche. C'est un code inconscient de séduction. Il crée du lien. Et compte tenu du sujet un peu radical, ce qui est intéressant, c'est qu'il ne tombe pas dans le piège de la surexpressivité", remarque ensuite le synergologue. Enfin, le spécialiste de la communication relève que dans sa conclusion ("aidez la France. C'est maintenant. C'est ici" vs "le changement, c'est maintenant", slogan de François Hollande), Nicolas Sarkozy "se montre une nouvelle fois malicieux à vouloir reprendre les codes de l'adversaire". Conclusion : "on a le Nicolas Sarkozy habituel, c'est-à-dire communicant et expressif", résume Stephen Bunard.

Regardez le clip de campagne de François Hollande :



"Rassembler"

Un message auquel répond indirectement le candidat socialiste. Les intervenants de son clip appellent ainsi à "refuser une France divisée", "à dire non à ceux qui appellent à la peur, peut de l'avenir et du reste du monde". "Corruption", "favoritisme", "privilèges"...François Hollande dresse quant à lui la liste de ses combats à venir et appelle au "rassemblement" de tous les Français.

L'analyse gestuelle : "François Hollande met essentiellement en avant la partie droite de son visage. Cela veut dire qu'on est plus dans l'analyse, dans le contrôle", fait remarquer Stephen Bunard, spécialiste de la communication. Ce dernier observe également "un sourcil droit un peu élevé" qui dénote une certaine "distanciation". Dans le même temps, si François Hollande "apparaît moins dans la dureté" que Nicolas Sarkozy, le socialiste fait des mouvements qui font 'trop appris' ", analyse le spécialiste du langage corporel. Conclusion : "on a du mal à croire que c'est un clip de campagne. L'exercice ne doit pas lui plaire. On a un peu l'impression qu'il y est allé avec les forceps", estime Stephen Bunard.