Les soutiens de Fillon à la reconquête du terrain

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Les Républicains ont déployé un vaste maillage de meetings à travers la France, avec pour objectif de remobiliser des militants déboussolés par l'affaire Fillon.

REPORTAGE

Il veut reprendre la main. Encore, toujours. François Fillon a lancé sa grande opération de reconquête. Entre jeudi et mercredi, la droite organise pas moins de 16 meetings en soutien à son candidat à travers toute la France. Et pour afficher l'unité du parti, les orateurs n'ont pas été choisis au hasard. Europe 1 était jeudi à Bordeaux avec Alain Juppé, et à Toulouse avec le sarkozyste François Baroin.

Un boulevard transformé en impasse. Longuement applaudi par les 600 personnes réunies dans une salle bordelaise, Alain Juppé fait le job, sans un commentaire sur les révélations qui empoisonnent la campagne de François Fillon depuis des semaines. "Au soir de la primaire de la droite et du centre, j’ai apporté mon soutien à François Fillon. C’est ma ligne, et je m’y tiens !", lance le maire de Bordeaux. "À l’heure actuelle, on est censé avoir un boulevard, et j’ai peur que ça se termine en impasse", confie pourtant un militant inquiet. "Ça parait compliqué, on ne peut pas le nier, mais moi j’ai toujours foi", veut rassurer une sympathisante.

Pas de plan B, mais...Le même jour, à Toulouse, François Baroin assure de son côté qu’il n’est pas question de déployer un éventuel plan B. "Rien ne remet en cause le soutien que nous lui apportons. La période est difficile. Il ne faut pas être dans le déni, c’est un choc mais nous pouvons gagner cette élection, et nous pouvons la gagner avec François Fillon", assure le maire de Troyes. Mais parmi les 300 militants réunis, là encore le doute est perceptible quant aux chances de victoire.

Objectif : second tour. "J’ai été extrêmement déçu de la part de Monsieur Fillon. Moi, je pense qu’il faut jeter l’éponge et envoyer Baroin au front. Sinon, on est foutu, on ne passera pas !", avertit un sympathisant. Car face aux difficultés à faire campagne, les électeurs redoutent désormais de ne pas pouvoir franchir la marche du premier tour.