Les salariés de Whirlpool ne se font pas d'illusion avant de rencontrer Macron

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Le candidat d'En Marche! rencontre mercredi l'intersyndical de l'usine Whirlpool d'Amiens, dont les 290 emplois sont menacés par la délocalisation annoncée du site en Pologne.

Emmanuel Macron est attendu mercredi à midi à la Chambre de commerce et d'industrie d'Amiens, sa ville d'origine, où il doit rencontrera des représentants des salariés de l'usine Whirlpool, en grève depuis le début de la semaine. Cette usine doit fermer en juin 2018 pour être délocalisée en Pologne, et près de 290 emplois sont ainsi menacés.

Une visite a minima. Depuis l'annonce de cette fermeture, en janvier, les salariés sollicitent le candidat d'En Marche! pour qu'il leur rende visite, ou au moins les soutiennent. Mais il ne l'a jamais fait avant le premier tour de l'élection présidentielle, expliquant qu'il ne voulait pas "dire : avec moi, ça ne fermera pas, alors qu'on sait que ce n'est pas vrai". Emmanuel Macron s'était cependant engagé à rencontrer les salariés entre les deux tours, ce qu'il fera donc mercredi, mais sans se rendre sur le site. Un geste qui ne suscite pas franchement d'enthousiasme chez les employés.

"Il ne va pas venir se prendre des œufs, de la farine ou un pneu..." Sur le rond-point, devant l'usine, les salariés filtrent les voitures et distribuent des tracts. Parmi eux, Frédéric Chanterelle, délégué CFDT, qui lui refuse de rencontrer Emmanuel Macron. Le syndicaliste estime que le candidat d'En Marche! aurait dû venir beaucoup plus tôt, quand les salariés lui avaient écrit pour lui demander son soutien. "Il était largement le bienvenu, et tout se serait bien passé", assure-t-il. "Par contre, maintenant, il y a des gens qui ne cautionnent pas qu’il n’ait pas du tout parlé d’Amiens. De ce fait, le rendez-vous ne se fait pas ici. Il n’est pas fou, il ne va pas venir se prendre des œufs, de la farine ou un pneu. C’est l’intersyndicale qui y va, et les salariés m’ont demandé de rester avec eux parce qu’il ne s’est pas déplacé".

Peu d'espoir du côté des syndicats. Ils seront donc huit, seulement, face à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande, deux par syndicat, mais sans grand espoir, à l'image de Frédéric Voiturier, de la CGT. "Ce que l’on voudrait peut-être, pour la suite, c’est qu’il nous accompagne avec les repreneurs. On voudrait travailler avec son ministère du Travail. Je ne sais pas comment on va faire parce que lui est pour tout ce qui est délocalisation et libéral. Nous, on n'y entend pas grand-chose", confie-t-il, désabusé.

Et cette amertume, le Front national compte bien en profiter : des militants frontistes sont déjà venus à la rencontre des grévistes, pour leur assurer qu'avec Marine Le Pen, ce genre de délocalisation ne serait plus possible.