Les futurs hommes forts de l’Assemblée

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Les futurs hommes forts de l’Assemblée
Chrsitian Jacob (UMP, Jean-Louis Borloo (Centre), Bruno Le Roux (PS), François de Rugy et Barbara Pompili (écologistes) et Marc Chassagine (Front de gauche), devraient chacun présider leur groupe à l'Assemblée.@ MAXPPP
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Les six présidents de groupe feront partie des grands animateurs de l’hémicycle.

Il y aura au moins cinq groupes politiques à l’Assemblée nationale, mais six présidents. Les écologistes vont en effet confier les commandes de leur groupe à un tandem. Le rôle de ces présidents est essentiel dans le fonctionnement des chambres. Ils participent ainsi à la Conférence des présidents, qui joue un rôle déterminant dans l’établissement de l’ordre du jour. Ils disposent également de plusieurs prérogatives, comme demander la création d’une commission spéciale ou réclamer la suspension d’une séance.

Le poste réclame donc une mobilisation de tous les instants et une assiduité exemplaire sur les bancs de l’Assemblée. En outre, il mène à tout, puisque tant François Hollande que Jean-Marc Ayrault l’ont occupé. Il est donc fort à parier que les présidents de groupe seront parmi les acteurs majeurs des sessions parlementaires. Présentation.

jacob

Christian Jacob, président du groupe UMP. Il est pour l’heure le seul à avoir été officiellement élu par ses pairs. Christian Jacob rempile, puisqu’il avait succédé à Jean-François Copé en novembre 2010. A 52 ans, Christian Jacob, 52 ans, a de l’expérience. Ce chiraquien devenu copéiste a été plusieurs fois ministres entre 2002 et 2007, et il a su s’imposer comme son propre successeur naturel. Le député de Seine-et-Marne a largement dominé le scrutin, avec 117 voix contre 63 à l’ancien ministre du Travail Xavier Bertrand. Mais l’élection dépassait leurs deux personnes, car derrière se jouait la guerre des chefs à l’UMP entre Jean-François Copé et François Fillon.

leroux

Bruno Le Roux, probable président du groupe PS. Au Parti socialiste, la bataille se déroule ailleurs. Alors que les candidats à la présidence de l’Assemblée foisonnent, Bruno Le Roux est pour l’heure seul en lice pour devenir le patron des députés PS. Et il est soutenu en haut lieu, donc certain d’être élu. Seul porte-parole de François Hollande à ne pas avoir été placé au gouvernement, le député de Seine-Saint-Denis se défend d’y voir un lot de consolation. "Ce n'est pas une candidature à défaut d'avoir autre chose, c'est une candidature parce que c'est un maillon essentiel à la réussite du quinquennat du président de la République", a-t-il juré.

borloo

Jean-Louis Borloo, probable président du groupe centriste. Au milieu d’un centre en décrépitude, Jean-Louis Borloo pourrait être celui qui émerge des décombres. L’ex-ministre de l’Ecologie est parvenu à attirer à lui 24 députés, en annonçant la création de l’Union des démocrates et indépendants, groupe parlementaire dédié aux centristes. Un groupe que présidera bien entendu celui qui s’est posé mercredi sur Europe 1 en leader du centre. Le député du nord aura toutefois fort à faire avec les ex-amis du Nouveau Centre, désormais toujours prompts à se déchirer.

rugy

François de Rugy et Barbara Pompili, co-présidents du groupe écologiste. Pour la première fois qu’ils peuvent dispose d’un groupe à l’Assemblée, ayant dépassé le seuil de 15 élus nécessaires, les écologistes ont décidé d’innover, avec une coprésidence. François de Rugy, député de Loire-Atlantique depuis 2007, réélu en 2012, avait fait acte de candidature, il a été entendu.

pompili
A 37 ans, Barbara Pompili a elle été élue dimanche députée de la 2e circonscription de la Somme (Amiens), ravie au député sortant du Nouveau centre (NC) soutenu par l'UMP, Olivier Jardé. Elle connaît bien les rouages de l'Assemblée. Assistante parlementaire d'Yves Cochet à partir de 2002, elle est devenue cinq ans plus tard secrétaire générale adjointe du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l'Assemblée, qui regroupait alors des députés communistes et Verts.

A noter que Denis Baupin, qui avait lui aussi candidaté, devrait hériter de la présidence de la commission développement durable de l’Assemblée.

chassaigne

André Chassaigne, probable président du groupe Front de gauche. Pour obtenir un groupe parlementaire avec seulement 10 députés, les troupes de Jean-Luc Mélenchon, lui-même battu, se sont tournés vers les députés d’Outre-mer. Avec succès. Inutile donc désormais de réclamer à grands cris l’abaissement du seuil nécessaire à la création d’un groupe de 15 à 10 élus. Et pour présider cette nouvelle entité, seul Marc Chassaigne est candidat. "Il y a unanimité des dix députés du Front de gauche sur ce scénario et pour que j'en sois le président", a assuré le député du Puy-de-Dôme.