Les états d’âme de Bernard Laporte

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Les états d’âme de Bernard Laporte
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L’ancien secrétaire d’état aux Sports revient avec amertume sur son expérience ministérielle dans "Un Bleu en politique", qui paraît jeudi.

Bernard Laporte règle ses comptes. L'ancien secrétaire d'Etat aux Sports égratigne les responsables politiques "grossiers, lâches et étroits d'esprit et privilégiés" qui l'ont "méprisé" pendant son passage au gouvernement (octobre 2007 – juin 2009), dans le livre Un Bleu en politique qui paraît jeudi, et dont Le Parisien - Aujourd'hui en France publie des extraits mercredi. "Mon accent du sud-ouest me rend illégitime", remarque notamment Laporte.

"Ce que certains ne supportent pas, c'est que je n'appartiens pas à leur monde. A leurs yeux, je suis un parachuté, un gars coopté qui n'a aucun mérite", écrit Bernard Laporte qui s'en prend en particulier à la "condescendance" du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner auquel il reproche de ne lui avoir "jamais serré la main pour lui dire bonjour".

L’ancien sélectionneur du XV de France dit avoir trouvé l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati "fausse" pour avoir "manqué de solidarité" à son égard au moment où il a démenti être le père de son enfant.

Quant aux députés, il leur reproche de "beugler à qui mieux mieux", et se dit "écœuré" par le "cirque" qu'est à ses yeux l'Assemblée nationale. Un hémicycle d’où fusent "des coups bas. Fumants et nauséabonds. Les hommes poliiques sont censés avoir de la tenue, si ce n’est de la classe. Et je découvre là l’envers du décor."

Dans un entretien accordé au Parisien, Bernard Laporte annonce que la politique n’est peut-être pas terminée pour lui. Il va "discuter en fin de semaine avec Xavier Bertrand", le secrétaire général de l'UMP, d'une éventuelle candidature aux régionales en Ile-de-France. "Ce n'est pas fait du tout", précise-t-il, prudent, tout en rappelant qu’il reste "au service du président de la République".

Bernard Laporte révèle qu’il serait bien resté au ministère "un an, voire un an et demi de plus". Revenant sur cette expérience, il fait part de son appréciation des "mecs extraordinaires" que sont pour lui "Xavier Bertrand, Hubert Falco ou encore Eric Besson". Enfin, il adoube celle qui lui a succédé au secrétariat d’état, Rama Yade. "Elle se débrouille bien", dit Bernard Laporte de sa remplaçante, qui a affirmé récemment son opposition à la suppression du DIC, le droit à l’image collective des sportifs de haut niveau.

"Un Bleu en politique", Presses de la Cité, 19 euros, 205 pages.