Départementales : la facture risque d'être salée pour le PS

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Départementales : la facture risque d'être salée pour le PS
@ JOEL SAGET / AFP
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DÉBÂCLE ANNONCÉE - Moins d'élus locaux, c'est aussi moins d'argent reversé aux caisses du parti. Et après la saignée des municipales, le choc risque à nouveau d'être rude.

Climat de grande fébrilité chez les socialistes. François Hollande multiplie les appels à la mobilisation, tout comme son Premier ministre Manuel Valls, qui se montre particulièrement soucieux face au carton annoncé du Front national. Il faut dire que le Parti socialiste anticipe une sévère raclée électorale aux départementales, dont le premier tour a lieu le 22 mars. Ce qui inquiète aussi le PS, c'est qu'une débâcle ne serait pas seulement politique, mais également financière.

Une perte sèche de plus de deux millions d'euros. En moyenne, un conseiller général socialiste reverse chaque mois 240 euros dans les caisses du parti. Or, ces élus sont aujourd'hui au nombre de 1.492 précisément. Le calcul est simple : les conseillers généraux rapportent chaque année 4,3 millions d'euros aux fédérations du PS. Si le PS perd la moitié de ses élus départementaux - ce qui est une hypothèse crédible -, il subira donc une perte sèche d'un peu plus de deux millions d'euros.

Conséquence : les sections devront licencier des permanents et abandonner des locaux. Mais ce n'est pas tout. Perdre des élus, c'est aussi perdre des collaborateurs rémunérés, entre 20 et 50 par département. C'est donc tout un appareil logistique et politique qui va vaciller fin mars.

"Le PS s'effondrera, tout simplement". Il y a un an, les élections municipales avaient déjà coûté cher au PS : les ressources des fédérations avaient chuté de 40% et 1.500 personnes issues des cabinets municipaux s'étaient retrouvées au chômage. Un cadre socialiste résume la situation : "les fondations du parti ont été ébranlées par les municipales, les départementales vont les détruire. Et après les régionales, le PS s'effondrera, tout simplement". La prédiction peut paraître alarmiste, mais quand on sait que les élus représentent 20% du budget global du parti, on réalise que le PS risque d'arriver exsangue sur la ligne de départ de la présidentielle.

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