Les conseils de Juppé à Ayrault

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Les conseils de Juppé à Ayrault
Alain Juppé demande au couple exécutif "une reprise en main" de l'équipe gouvernementale.@ MAXPPP
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INTERVIEW E1 - L’ex-Premier ministre dénonce la cacophonie gouvernementale et donne la leçon.

Lui-même fut Premier ministre de 1995 à 1997. Alain Juppé jette donc un œil avisé, mais sévère sur la gouvernance façon Jean-Marc Ayrault. L’actuel hôte de Matignon est critiqué pour son manque d’autorité, après notamment les propos de Vincent Peillon sur l’ouverture d’un débat sur la dépénalisation du cannabis. Pour le maire de Bordeaux, cette affaire montre l’absence de message clair donné par son successeur.

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"Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fait désordre", juge Alain Juppé, interrogé par Europe 1. "M. Peillon se lance dans cette affaire, il est immédiatement démenti par le Premier ministre, alors même que le président de la République, il y a quelques mois, avait pris aussi une position négative. Donc on n’y comprend plus rien", insiste-t-il. "Ce n’est pas une manière de gouverner. Surtout, ça créé un climat dans le pays, d’incompréhension, de manque de visibilité", poursuit le maire de Bordeaux.

"On n’y comprend plus rien " :

Et pour Alain Juppé, ces soucis pourraient être traduits dans les faits. "On ne sait pas très bien où on va sur beaucoup de sujets, parce qu’on pourrait en citer beaucoup d’autres. Je crois que ça, c’est grave. Ça accentue la perte de confiance, l’attentisme des milieux économiques en particulier, qui fait qu’on est en train de s’enfoncer dans la stagnation, peut-être même dans la récession", prévient-il. "Je pense en particulier à l’avenir de notre système fiscal. On ne sait toujours pas ce que sera ce fameux choc de compétitivité qu’on nous annonçait il y a quelques jours. Est-ce que ce sera la CSG, est-ce que ce sera      la TVA ? Je pourrais multiplier les exemples de cacophonie et d’indécision", assène-t-il encore.

Alain Juppé souhaite donc qu’il y ait "une reprise en main, si c’est possible. Et le plus tôt possible", du Premier ministre et du président de la République. "Parce qu’on va tout droit dans le mur, s’inquiète-t-il. "Quand, dans votre propre camp, vous entendez mettre en cause votre capacité à diriger le gouvernement, ça devient inquiétant", conclut le maire de Bordeaux.