Législatives: les ministres dans la bataille

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Législatives: les ministres dans la bataille
Pierre Moscovici, Benoît Hamon et Manuel Valls : trois ministres en lice pour les législatives@ REUTERS
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S’ils sont battus aux élections de juin prochain, ces 26 ministres devront quitter le gouvernement. 

Mai 2007, Alain Juppé est nommé numéro deux du gouvernement, ministre d'Etat à l'Ecologie. Juin 2007, il perd les législatives et doit quitter son poste. L’exemple, qui a suffisamment marqué les esprits, illustre bien la coutume républicaine qui veut que depuis 1988, les battus quittent leurs ministères.

Et 2012 n’échappera pas à cette règle. Tous les ministres défaits aux législatives ne resteront pas au gouvernement, a déjà mis en garde Jean-Marc Ayrault. "Il y a l'esprit de responsabilité, c'est-à-dire que tout ministre qui se présente aux élections et qui ne sera pas élu ne pourra pas rester au gouvernement", a insisté le Premier ministre, mercredi soir sur France 2.

Ceux qui ont ou pourraient jeter l’éponge

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Quelques heures plus tard, une ministre jetait déjà l’éponge. Najat Vallaud-Belkacem a ainsi annoncé sur son site qu'elle renonçait à se présenter aux législatives à Lyon, pour se consacrer à son portefeuille : les droits des femmes et sa fonction de porte-parole. "Pour mieux assumer cet engagement » des législatives, « je fais toute confiance à Anne Brugnera, et à son suppléant, Walter Graci, pour mener, au nom de la majorité présidentielle, la bataille des législatives dans la 4eme circonscription du Rhône", a alors écrit la benjamine du gouvernement, 34 ans. Elle se comptait se présenter dans l’ancienne circonscription de Raymond Barre, contre l’UMP Dominique Nachury.

Fera-t-elle des émules parmi ses collègues ? Après deux échecs aux législatives, en 2002 et 2007, la Marseillaise Marie-Arlette Carlotti, nommée mercredi ministre déléguée chargée des Handicapés, compte se présenter dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône en juin, face à l'UMP Renaud Muselier, "un vrai challenge", disait-elle encore lundi. Mais désormais ministre, elle pourrait laisser cette bataille à son suppléant.



Les cas difficiles

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Dans les rangs des ministres "relativement" en danger, on retrouve Stéphane Le Foll. Pour la troisième fois, le ministre de l'Agriculture tentera en juin, de faire basculer à gauche la 4e circonscription de la Sarthe, l’ex de François Fillon parti se faire élire à Paris. En face de lui cette fois-ci : Marc Joulaud, le maire de Sablé. Le pari semble gagnable depuis que François Hollande y est arrivé en tête (53%) au second tour de la présidentielle.

Normalienne, fille et petite-fille de mineurs Aurélie Filippetti, 38 ans, nommée mercredi ministre de la Culture et de la communication, se présente, elle, en Lorraine. Suite au redécoupage de 2010, elle s’est rabattue sur une nouvelle circonscription mosellane, qui a voté Hollande à 52% au deuxième tour de la présidentielle. La bataillé n’est toutefois pas gagnée d’avance. Sur place, certains militants socialistes lui reprochent son absence : "Elle ne sait toujours pas dans quelle circonscription elle est élue ! On a toujours l'impression qu'elle pourra repartir aussi vite qu'elle est arrivée", raille ainsi un socialiste de Metz.

Le ministre délégué à l’Economie solidaire Benoît Hamon se présente, lui, à Trappes dans les Yvelines, dans une circonscription ancrée à droite. En face, son adversaire est le sortant Jean-Michel Fourgous, qui a conquis son premier mandat de député en 1993.



Paris gagnables pour les piliers du gouvernement

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Pour les autres ministres du gouvernement Ayrault I, la bataille semble bien engagée. Ils se représentent dans des fiefs déjà acquis à leur cause. A commencer par Jean-Marc Ayrault lui-même. Le Premier ministre, député depuis ses 27 ans, est en campagne pour les élections législatives dans la 3e circonscription de la Loire-Atlantique. S’il est réélu, il sera évidemment remplacé par son suppléant.

Le numéro deux du gouvernement Laurent Fabius est également sur les rangs en Seine-Maritime, tandis qu’un autre pilier, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, est lui candidat dans l’Essonne.

La voie semble aussi dégagée pour Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et Logement, dans la 6e circonscription de Paris où elle vient de conclure un ticket avec la socialiste sortante Danièle Hoffman-Rispal.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira n’est pas, non plus, en danger en Guyane.

Le  nouveau locataire de Bercy, Pierre Moscovici se représente, lui, dans le Doubs, circonscription qu’il avait gagnée en 2007, mais perdue en 2002. La tâche est également un peu plus délicate pour la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine qui se représente en Indre-et-Loire et qui, comme Moscovici, s’est fait battre en 2002 dans la 3e circonscription, avant de retrouver son siège en 2007.



 Voies dégagées pour les ministres

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Les autres ministres, Delphine Batho (déléguée à la Justice) dans les Deux-Sèvres, François Lamy (ministre de la Ville) dans l’Essonne, Valérie Fourneyron (ministre de la Jeunesse et des Sports) en Seine-Maritime, Geneviève Fioraso (ministre de la Recherche) dans l’Isère, Michel Sapin (ministre du Travail) dans l’Indre, Alain Vidalies (Relations avec le Parlement) dans les Landes, devraient être réélus sans problème.

Pas de souci non plus du côté de Marylise Lebranchu, la ministre de la Réforme de l’Etat, candidate dans la 4e circonscription du Finistère (Morlaix).  George Pau-Langevin, Bernard Cazeneuve, Frédéric Cuvillier, Victorin Lurel devraient également l’emporter.

Après le retrait d’Alain Juppé, la ministre déléguée aux personnes âgées et à la dépendance, Michèle Delaunay qui avait arraché, en 2007, la 2e circonscription de la Gironde à l’ancien Premier ministre, a  également vu son ciel s’éclaircir. Elle devrait réitérer sa prouesse.

Le pari est également jouable, bien qu'un peu plus compliqué, pour le ministre délégué chargé des Anciens combattants Kader Arif qui se présente en Haute-Garonne. Et dans deux circonscriptions où François Hollande a été élu à la présidentielle avec une courte majorité, entre 50 et 52% : celle de la radicale Sylvia Pinel (Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif) dans le Tarn-et-Garonne et celle du ministre du Budget Jérôme Cahuzac dans le Lot-et-Garonne.

Au total 26 ministres sur 34 se présentent aux élections des 10 et 17 juin prochains.