Législatives : les collaborateurs parlementaires craignent pour leur situation : "on va difficilement retrouver du travail"

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A la veille du premier tour des élections législatives, les collaborateurs parlementaires s'inquiètent. Un millier d'entre eux pourrait perdre leur emploi si leur député n'est pas réélu.

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Alors que le premier tour des élections législatives aura lieu dimanche, certains collaborateurs parlementaires commencent à s'inquiéter. L'Assemblée nationale pourrait en effet être largement renouvelée et cela risque d'engendrer une sorte de "plan social". Ils sont un millier à voir leur emploi menacé en cas de non réélection du député pour lequel ils travaillent. Plusieurs syndicats sont montés au créneau afin de demander de meilleures conditions de licenciement.

"Typiquement les critères du licenciement économique." Depuis cinq ans, Marie est chargée de rédiger les discours de son élu socialiste. Elle risque le licenciement si son député ne conserve pas son siège à l'Assemblée nationale. Elle sera alors renvoyée pour motifs personnels et non économiques. "Quand il y a interruption du mandat du député, on n'a plus de locaux, on n'a plus de salaire. Ce sont typiquement les critères du licenciement économique", explique-t-elle.

Autre inquiétude pour elle, la recherche d'emploi qui va suivre son éventuel licenciement : "on va être un millier avec le même profil sur le marché de l'emploi, en même temps, donc on va difficilement retrouver du travail."

Seul recours : attaquer le député aux Prud'hommes. La seule possibilité pour les collaborateurs parlementaires est alors d'attaquer leur député aux Prud’hommes. "C'est difficile. On a une relation personnelle avec le député. C'est un déchirement. Certains ne le feront pas. C'est difficile de nous pousser à ça", confie pour sa part Michaël.

Mais dans la loi, un député n'est pas une entreprise. "Nous ne pouvons faire qu'un licenciement pour motifs personnels. C'est ce que dit le Code du travail aujourd'hui", indique Marie-Françoise Clergeau, questeur de l'Assemblée nationale. Ces attachés parlementaires ont donc décidé d'écrire à François Bayrou, garde des Sceaux, et à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, afin que leur situation soit évoquée dans la nouvelle loi de moralisation.