Législatives : l’ère de l’anthropophagie politique

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Dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron, les partis politiques sont en train de devenir fou : les dissidences se multiplient au PS et chez les Républicains, mais aussi à l’extrême droite.

L'ÉDITO POLITIQUE

Bienvenue dans l’ère de l’anthropophagie politique. Un scénario à la Ridley Scott, dans lequel chaque famille est aujourd’hui en passe de se faire dévorer par ses Aliens. Au PS, Benoît Hamon décide de soutenir le candidat communiste contre Manuel Valls à Evry, et la candidate écologiste contre Myriam El Khomri à Paris. En tout, une dizaine de socialistes sont aujourd’hui ciblés par l’ancien camarade Hamon.

Règlements de compte en série. À droite aussi on se flingue en famille : NKM à Paris face à deux dissidents de droite. Sans parler de l’interminable liste des règlements de compte chez les Républicains, entre ceux qui veulent soutenir la présidence d’Emmanuel Macron et ceux qui veulent attendre les législatives pour le soutenir éventuellement après. Ils sont tous devenus fous jusqu’au FN où Jean-Marie le Pen envoie des candidats pour faire battre les protégés de sa fille, 156 en tout, contre notamment Florian Philippot ou Jean-Lin Lacapelle. Le point de rupture a été atteint par Nicolas Dupont-Aignan qui exige que le FN lui oppose un candidat pour acter le divorce avec Marine Le Pen, au risque de perdre.

Un président en état de grâce... "Tout le monde est macronisé", m’expliquait hier un dirigeant des Républicains dépité, désabusé devant un café. Une France macronisée dans laquelle les électeurs socialistes ou républicains ne veulent pas entendre des discours de démolition du président qui vient d’être élu. Il est comme intouchable se lamentent en off les maréchaux des vieux partis.

... sur le point de décrocher une majorité ? Les Français veulent donner leur chance à cette nouvelle voie qui transcende les clivages. Dans ce contexte, les anthropophages de gauche et de droite, offrent un spectacle dépressif, mortifère qui risque d’accélérer leur disparition et conforte l’idée qu’une majorité forte, si ce n’est absolue, est à la portée d’En Marche!