Législatives : jackpot financier pour En Marche !, LR et le PS à la diète

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Législatives : jackpot financier pour En Marche !, LR et le PS à la diète
@ VALERY HACHE / AFP
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Le résultat des élections législatives conditionne les dotations publiques aux partis pour les cinq ans à venir. Forcément, En Marche ! va se tailler la part du lion. 

Les élections législatives ne servent pas seulement à dessiner le visage de la future assemblée nationale. Elles sont aussi une affaire de gros sous. C’est en effet en fonction des résultats du scrutin que sont calculées les deux fractions des dotations publiques octroyées par les pouvoirs publics aux partis politiques. La première sur le nombre de voix obtenues au premier tour, la seconde sur le nombre de parlementaires obtenus. Au vu des résultats de dimanche, c’est La République en marche ! qui est bien partie pour remporter le gros lot. Tous les autres partis se partageront les restes, avec des conséquences désastreuses pour certains.

  • Le jackpot pour La République en marche !… et le MoDem

Le grand gagnant, financièrement parlant, de la soirée de dimanche, est aussi La République en marche !. Selon les calculs de la dotation accordée en 2016, qui accorde 1,42 euro par voix obtenue, le mouvement macroniste devrait toucher plus de neuf millions d’euros par an jusqu'en 2022. Et encore plus en fonction du nombre d’élus élus à l'issue du second tour. Un député rapportait en 2016 37.433 euros à son parti. Si REM obtient 400 députés dimanche 18 juin, ce seront près de 15 millions d’euros supplémentaires par an. Une manne pour le moins appréciable.

Le MoDem, allié du futur parti majoritaire, sera nettement moins bien loti, mais il devrait toucher de l’argent comme jamais depuis sa création en 2007. Au moins 1,3 million d’euros au titre de la première fraction. Et s’il obtient par exemple 40 députés, 1,5 million d’euros supplémentaires. Pour un parti habitué à la diète, le changement sera notable.

  • Vaches maigres pour le PS

Pour le Parti socialiste, laminé dimanche soir, ce n’est pas tant la faiblesse de la somme perçue qui risque de faire mal que la différence avec le quinquennat précédent. Le PS touchait en effet près de 25 millions d’euros par an. Ce sera quoi qu’il arrive beaucoup moins. Au vu des résultats du premier tour, il aura droit à 2,4 millions d’euros. Mais il ne pourra pas espérer beaucoup plus pour la seconde fraction, les projections lui accordant une vingtaine de sièges. Soit 750.000 petits euros. Une paille pour le parti de la rue de Solférino, qui continuera à toucher quand même près de 4 millions d’euros annuels grâce à ses 109 sénateurs. Soit au total un peu plus de 7 millions d’euros par an.

Le parti n’est, certes, pas endetté, mais il devra considérablement réduire son train de vie pour s’en sortir. Des licenciements ou des ventes immobilières, voire l’hypothèque de son siège, comme après la débâcle de 1993, ne sont pas à exclure.

  • Endettés, Les Républicains le resteront

Quand la victoire leur tendait les bras, Les Républicains pouvaient espérer enfin effacer leur ardoise, de l’ordre de plusieurs millions d’euros depuis plusieurs années. Las, le grand parti de la droite disposera en fait de moins de dotations annuelles qu’auparavant. Cinq millions d’euros pour la première fraction - avant le retrait de pénalités dues au non-respect de la loi sur la parité - pour ses 3,5 millions de voix obtenues, et entre 3,2 et 4,7 millions d’euros en fonction du nombre de députés élus. Auxquels il faut ajouter les quelque 5 millions touchés annuellement pour les 137 sénateurs des Républicains. Soit au total autour de 14 millions d’euros maximum. Pas négligeable, mais loin des 18 millions reçus en 2016. Et surtout insuffisant pour un parti aussi endetté.

  • Les autres partis

Puisqu’elle n’existait pas en 2012, La France insoumise part de zéro, et son gain sera par conséquence considérable. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est ainsi assuré de toucher près de 3,5 millions d’euros grâce à ses quelque 2,5 millions de suffrages reçus. Le reste dépendra du nombre de députés élus. Déjà mal en point financièrement, Europe Ecologie-Les Verts ne pourra plus compter que sur un million d’euros annuels, contre deux au titre de la première fraction en 2016. Et il risque bien de ne plus compter de députés dans la nouvelle assemblée. Il va falloir réduire drastiquement les dépenses pour le parti écologiste.

Quant au Front national, il devra aussi compter sur des dotations en baisse. De près de 5 millions d’euros - en 2016 - à 4,2 millions environ pour la première fraction. Et lui qui espérait au moins 15 élus dans la prochaine assemblée ne devrait finalement en obtenir qu’une poignée. Pas de changement notable donc à attendre pour la seconde fraction (150.000 euros en 2016).

Enfin, notons que l’UPR de François Asselineau, candidat à la présidentielle, n’a pas rempli les conditions pour percevoir de l’aide publique, à savoir recueillir plus de 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions. Au contraire du Parti animaliste qui revendique 1,10 % des suffrages dans plus de 80 circonscriptions. Selon les calculs du Lab, avec 63.637 voix, le parti va donc récolter 90.365 euros d’aides de l’Etat par an pendant cinq années.