Législatives : ils peuvent tout perdre

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Législatives : ils peuvent tout perdre
Jean-françois Copé, Stéphane Le Foll, Marie-Arlette Carlotti, François Bayrou et Xavier Bertrand jouent plus qu'un simple siège de député.
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Pour ceux-là, une défaite aux législatives aurait des conséquences sérieuses pour leur carrière.

Pour la plupart des candidats aux élections législatives, il s’agira simplement de remporter, ou non, la députation les 10 et 17 juin prochains. Mais pour certains, le scrutin revêt une importance toute particulière. Qu’ils soient membres du gouvernement, ou qu’ils songent à devenir des figures de l’opposition, une défaite ruinerait, à court et à moyen terme, une partie de leurs ambitions. Europe1.fr a sélectionné cinq candidats pour qui la défaite est interdite.

LES MINISTRES

Stéphane Le Foll

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© REUTERS

Pour lui comme pour les autres, la règle est simple : tous les ministres du gouvernement qui subiront une défaite aux élections législatives se verront signifier la sortie. Stéphane Le Foll, l’un des très proches de François Hollande, comme les autres. Même si la mission qu’il s’est assignée est loin d’être gagnée. Le ministre de l’Agriculture se présente en effet dans la quatrième circonscription de la Sarthe, celle où, en 2002 et en 2007, à chaque fois face à François Fillon, il avait perdu dès le premier tour, avec respectivement 25 et 30% des suffrages.

Mais cette fois, l'ex-Premier ministre, monté à la capitale, n’est plus là. Son ex-suppléant et député sortant, Marc Joulaud, maire de Sablé-sur-Sarthe, ne combat pas dans la même catégorie. Et à l’élection présidentielle, François Hollande a recueilli 52,67% des voix. De quoi faire basculer une circonscription historiquement ancrée à droite ? Stéphane Le Foll l’espère. S’il était battu, il n’aurait plus que son poste d’eurodéputé pour se consoler.

Marie-Arlette Carlotti

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© MAXPPP

Si la mission de Stéphane le Foll apparaît difficile, celle de Marie-Arlette Carlotti semble quasiment impossible. La ministre déléguée chargée des Personnes handicapées se présente pour la première fois aux élections législatives. Ce sera dans la cinquième circonscription des Bouches-du-Rhône, et ce ne sera pas une mince affaire. Elle fera en effet face à l’UMP Renaud Muselier, bien implanté puisque réélu sans discontinuer  depuis 2007. Il y a cinq ans, ce dernier avait obtenu 45,7% des voix dès le premier tour, avant d’être confortablement réélu avec 53,32% des suffrages.

Et Marie-Arlette Carlotti ne pourra sans doute pas bénéficier des effets d’une triangulaire. Le Front national ne semble pas en mesure de dépasser le seuil fatidique des 12,5% des inscrits. Mais la ministre, inconnue du grand public avant sa nomination, compte elle aussi sur son implantation locale, elle qui est conseillère générale depuis 1998. Et elle peut avancer qu’à l’élection présidentielle, c’est François Hollande qui est arrivé en tête dans la circonscription au second tour, avec 50,22% des voix. Soit à peu près 200 voix d’avance. Le maroquin de Marie-Arlette Carlotti pourrait se jouer à peu de choses.

LES OPPOSANTS

Jean-François Copé

Haro sur Copé

© REUTERS

Pour Jean-François Copé, c’est déjà 2017 qui se joue. L’actuel secrétaire général de l’UMP n’a jamais caché ses ambitions présidentielles. Et pour cela, il se doit de conserver la tête de l’ex-parti majoritaire. Ce qu’une défaite dans son fief de Meaux empêcherait mécaniquement. Alors certes, Nicolas Sarkozy a rassemblé au second tour de l’élection présidentielle 52% des voix dans la 5e circonscription de Seine-et-Marne. Certes encore, Jean-François Copé avait été élu dès le premier tour en 2007, avec 54,26% des voix. Les signaux semblent donc au vert.

Mais ce serait ignorer l’influence du Front national. Balayée en 2007, Marie-Christine Arnautu veut cette fois surfer sur la vague bleue Marine pour gagner son billet pour le second tour. La candidate du Front national a en effet obtenu 17,72% dans la circonscription. Et en cas de triangulaire, Jean-François Copé serait battu presque à coup sûr, comme en 1997. Il ne lui resterait alors que la mairie de Meaux et la présidence de la communauté d’agglomération du Pays de Meaux comme seuls mandats. Loin, bien loin de ses ambitions présidentielles.

Xavier Bertrand

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© MAXPPP

Même s’il le clame moins fort, Xavier Bertrand se verrait bien lui aussi briguer l’investiture suprême en 2017. Et pour lui aussi, une défaite aux élections législatives serait un coup d’arrêt quasi définitif pour ses ambitions, au moins à moyen terme. Alors depuis le début de la campagne, le maire de Saint-Quentin sillonne le terrain.

C’est qu’il sait que ce sera très, très compliqué. Dans sa circonscription, la deuxième de l’Aisne, François Hollande a réalisé un score de 52,57% au second tour de l’élection présidentielle. En outre, l’ancien ministre du Travail doit composer avec un Front national à très haut niveau. Marine Le Pen a en effet rassemblé près de 25% des suffrages exprimés le 22 avril. La tenue d’une triangulaire est donc une quasi-certitude. Dans ces conditions, Xavier Bertrand aura donc bien du mal à être élu. Il ne conserverait alors que la mairie de Saint-Quentin.

LE CENTRISTE

François Bayrou

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© MAXPPP

Pour François Bayrou, la députation est la dernière bouée à laquelle se raccrocher. Plombé par son faible score à l’élection présidentielle (9,13%), le président du MoDem est plus isolé que jamais. D’une part, la droite est bien décidée à lui faire payer son vote pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle. De l’autre, la gauche estime ne rien lui devoir. L’UMP et le PS présentent donc tous deux des candidats.

Et à en croire les sondages, François Bayrou ne devrait pas retrouver les bancs de l’Assemblée. Selon une étude Ifop pour Le Journal du Dimanche, le président du MoDem serait perdant dans tous les cas de figure au second tour, dans le cas d’une triangulaire avec l’UMP et le PS, comme dans le cas d'un éventuel duel. Pour celui qui rêve d’être président de la République, en témoignent ses trois candidatures en 2002, 2007 et 2012, le retour sur terre s’annonce difficile. En cas de défaite, François Bayrou ne serait alors plus que conseiller municipal, d’opposition de surcroît, de la ville de Pau.