Législatives : face à la vague En Marche!, que peuvent espérer les autres partis ?

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Législatives : face à la vague En Marche!, que peuvent espérer les autres partis ?
@ AFP
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Les formations politiques n’abordent pas le second tour avec les mêmes objectifs. En Marche! veut constituer une majorité la plus importante possible. Le PS jouera sa survie, le FN son avenir. 

Certains partis politiques passeront fatalement une mauvaise soirée dimanche soir. Le second tour des élections législatives est lourd d’enjeux pour des mouvements qui, pour l’un – En Marche! -, voudra enregistrer une victoire la plus large possible, et pour les autres - tous les autres - limiter la casse. Pour certains d'entre eux, le scrutin est même plus important encore, puisqu’il s’agira, ni plus ni moins, de survie à court ou moyen terme.

  • Pour La République en marche!, une vague ou un tsunami ?

Pour le mouvement présidentiel, la question n’est pas de savoir si la victoire sera au bout, car la cause est entendue. L’inconnue, c’est de savoir de quelle ampleur sera ce succès. Le premier tour a montré que tous les candidats ou presque se présentant sous l’étiquette La République en marche ! bénéficiaient d’une dynamique difficile à contrer.

Finalement, le seul enjeu pour REM sera de savoir si le mouvement disposera seul de la majorité absolue, fixée à 289 sièges - sur 577 - ou s’il aura besoin de ses alliés du MoDem.Le première hypothèse est pour le coup fort probable : les projections des instituts de sondage donnent à la future majorité entre 370 et 440 sièges, sachant que le mouvement de François Bayrou aura du mal à dépasser la soixantaine d’élus.

infographie legislatives

  • Comment Les Républicains résisteront-ils ?

Là encore, il n’y pas beaucoup de suspense : Les Républicains, avec leurs alliés de l’UDI, seront dimanche soir la deuxième force politique représentée à l’Assemblée, derrière la coalition REM-MoDem. Reste à savoir dans quelles proportions. Une chose est sûre : la droite parlementaire aura moins d’élus qu’en 2012 (229 sièges). Mais les leaders LR, qui ont acté la défaite, espèrent que la saignée ne sera pas trop importante. Ils n’ont eu de cesse de prévenir entre les deux tours des dangers d’une majorité trop pléthorique pour le président de la République, et d’insister sur la nécessité d’avoir une opposition forte.

Alors que les différentes projections donnent à la droite entre 85 et 130 sièges, Les Républicains espèrent surtout dépasser la barre symbolique des 100 députés. En dessous, la défaite aura tous les airs d’une débâcle. Et les lendemains déchanteront pour le mouvement, menacé de scission jusque dans l’Hémicycle entre les Macron-compatibles et les autres. Et il faudra en outre très vite désigner un leader chargé de la reconstruction. La bataille a d'ailleurs déjà commencé. Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand ont déjà envoyé quelques signaux.

  • Au PS, l’avenir en pointillé

Le Parti socialiste pensait dans doute qu’il ne ferait jamais pire qu’en 1993, quand, à la fin de l’ère Mitterrand, il avait obtenu 57 députés seulement. Ce jour est pourtant arrivé. Le PS, avec ses alliés du PRG et écologistes, ne peut qu’espérer qu’entre 15 et 40 sièges, selon les projections. Ce sera tout juste suffisant pour constituer un groupe à l’Assemblée, un comble pour le futur ex-parti majoritaire, qui devra aussi affronter des problèmes financiers.

Surtout, le Parti socialiste pourra-t-il, politiquement, se relever ? Le parti de la rue de Solférino est coincé entre En Marche ! sur son côté droit, et La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon sur son côté gauche. Et cela pourrait durer. Pour sortir de l’ornière, il faudra une révolution de palais, et que de nouvelles têtes émergent. Il y aura de toute façon un congrès, comme après chaque présidentielle. S'il est manqué, c’est l’existence même du PS en tant que grand parti du gouvernement qui est menacée.

  • Au FN, Marine Le Pen sera-t-elle seule dans l'Hémicycle ?

Au soir du second tour de la présidentielle, c’est un FN triomphant qui regardait vers les législatives. C’était oublier un peu vite les conséquences de la défaite et du débat manqué par Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. Résultat : 500.000 de voix de moins qu’en 2012, plus de 7 millions de moins qu’au second tour de la présidentielle, et une large abstention de l’électorat frontiste.

Désormais, les divisions, encore sourdes, menacent d’éclater au grand jour, et, surtout, le Front national, qui rêvait tout haut d’un groupe parlementaire, n’aura sans doute pas les 15 députés suffisants. Pire, Marine Le Pen pourrait se retrouver seule élue dans sa circonscription du Pas-de-Calais. D’autres candidats sont bien placés, tels Stéphane Ravier à Marseille, Bruno Bilde et Philippe Olivier dans le Pas-de-Calais, mais leur élection est loin d’être garantie. De leur victoire dépend le discours qu’adoptera le FN dimanche soir. Même si la crise, autour notamment du cas Philippot, ne pourra sans doute pas être évitée.

  • La France insoumise pour sauver les meubles

C’est l’autre grand déçu de l’après-présidentielle. Jean-Luc Mélenchon comptait capitaliser sur les 7 millions d’électeurs qui l’avaient choisi pour le premier tour de la présidentielle. Mais sa France insoumise n’a pas non plus résisté à la vague En Marche !, puisque ses candidats n’ont totalisé au final que 2,5 millions de suffrages dimanche dernier. Si son leader est bien parti à Marseille, FI aura du mal à constituer un groupe parlementaire. Il lui faudra sans toute l’aide de son meilleur ennemi, le Parti communiste. Après des semaines de déchirements, il faudra une bonne dose de pédagogie si la solution d’une alliance est choisie.