Législatives : ce que disent les derniers sondages sur les points chauds

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Législatives : ce que disent les derniers sondages sur les points chauds
Plusieurs figures de la précédente majorité mais aussi de l'opposition se voient menacées de disparition.@ AFP - Montage Europe 1
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À l'approche du premier tour des élections législatives, Europe 1 fait le tour des derniers sondages sur les circonscriptions les plus symboliques.

Ils annoncent un raz-de marée en faveur d'Emmanuel Macron. Un mois après la présidentielle, les derniers sondages s'accordent sur une majorité absolue En Marche ! à l'Assemblée nationale au sortir des urnes les 11 et 18 juin. De quoi inquiéter les poids lourds du Parti socialiste, des Républicains et du Front national. Tour d'horizon de ces circonscriptions à surveiller de près, et où des ténors de droite et de gauche pourraient bien être engloutis par la vague du "renouveau".

Bruno Le Maire, favori dans son fief. Les règles posées par Emmanuel Macron sont claires : les ministres candidats à un mandat de député devront quitter le gouvernement s'ils ne sont pas élus. Pour Bruno Le Maire, nommé ministre de l'Economie, cette étape devrait se passer sans trop de difficulté. Exclu des Républicains pour son ralliement à l'exécutif, le député sortant de la 1ère circonscription de l'Eure, qui se présente à sa succession sous la bannière de La République en marche !, est donné en tête du premier tour avec 48% des voix, suivi par la candidate FN Fabienne Delacour (20%), selon un sondage Ifop-Fiducila pour Le Journal du Dimanche, publié le 27 mai. La candidate officiellement investie par les Républicains, Coumba Dioukhané n'arrive qu'en quatrième position (7%), derrière la France insoumise (16%). Au second tour, Bruno Le Maire l'emporterait très largement avec 76% des suffrages.

Manuel Valls talonné par La France insoumise. L'ancien Premier ministre de François Hollande, qui avait choisi de soutenir Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle au détriment du socialiste Benoît Hamon, pensait se retrouver avec le champ libre dans son fief de la 1ère circonscription de l'Essonne, le PS et La République en marche ! n'ayant investi aucun candidat face à lui. Et pourtant, Manuel Valls doit faire face à 21 candidatures, dont celles insolites du polémiste Dieudonné et du chanteur Francis Lalanne, suppléant de Jacques Borie, le candidat du mouvement 100%. Mais le vrai danger pourrait venir de la gauche, l'ex-chef du gouvernement se voyant talonné au premier tour par l'insoumise Farida Amrani qui recueillerait 26% des suffrages contre 30% pour lui, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le JDD et Sud Radio publié le 27 mai. Au second tour, l'écart se resserre encore puisque les deux sont donnés à 50%.

Najat Vallaud-Belkacem en difficulté dans le Rhône. Najat Vallaud-Belkacem a fort à faire dans la 6e circonscription du Rhône ou le candidat de La République en marche !, Bruno Bonnell, la devance largement au premier tour, avec 30% des voix contre 19% pour l'ex-ministre de l'Education, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le JDD et Sud Radio publié le 20 mai. En embuscade : le mélenchoniste Laurent Legendre qui réunit 17% des intentions de vote, selon la même enquête. Si elle réussissait à se qualifier pour le second tour, la socialiste s'inclinerait face au candidat de La République en marche ! (40%-60%).

Patrick Mennucci balayé par Jean-Luc Mélenchon. Sa candidature à Marseille a été largement critiquée. Le leader de la France insoumise a en effet choisi de se présenter dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône où il a décroché l'un de ses meilleurs scores à la présidentielle. Cinq ans plus tôt, c'est à Hénin-Beaumont, face à Marine Le Pen, que Jean-Luc Mélenchon avait tenté sa chance. À Marseille, le tribun est crédité de 38% des intentions de vote, devant la candidate de La République en marche !, Corinne Versini (24%), selon un sondage de l'Ifop pour Le JDD paru le 21 mai. Le député socialiste sortant Patrick Mennucci finit à la troisième place avec seulement 13% des suffrages. Au second tour, Jean-Luc Mélenchon s'impose quelle que soit son adversaire : 53% face à Corinne Versini, 61% face à Patrick Mennucci.



NKM prise dans la guerre des droites. Nathalie Kosciusko-Morizet s'était dite prête à saisir la main tendue par le nouveau président, et pourtant, La République en marche ! a investi face à elle, dans la 2e circonscription de Paris, Gilles Le Gendre. "Il faut marcher, mais il faut marcher au pas ! Il y en a qui confondent la main tendue et le garde à vous", s'est-elle indignée au micro d'Europe 1. Surtout, l'ancienne ministre de l'Ecologie pourrait pâtir de la dispersion des voix à droite, puisque deux dissidents issus des Républicains se présentent face à elle : Henri Guaino et Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement. Selon un dernier sondage réalisé par Ifop-Fiducial pour Le JDD et Sud Radio, Nathalie Kosciusko-Morizet arriverait deuxième au premier tour (24%), loin, très loin derrière Gille Le Gendre (42%). Au second tour, la candidate ne parvient pas à rattraper son retard et ne recueille que 32% des voix, un score largement insuffisant face aux 68% dont est crédité Gille Le Gendre.

Gilbert Collard  détrôné par l'ex-torera Marie Sara ? "Bonne nouvelle : comme en 2012, le Midi libre et l'Ifop me donnent battu. On connaît la suite !", avait tweeté ce proche de Marine Le Pen, le 4 juin, après la publication d'un sondage Ifop-Fiducial, relayé par le quotidien, qui le donnait perdant au second tour face à la candidate En Marche ! Marie Sara qui récolterait 56% des voix. Dans l'hypothèse d'une triangulaire avec la candidate des Républicains, Pascale Mourrut, Gilbert Collard échouerait encore à sauver son fauteuil (37%) face à l'ancienne torera (41%).

Marine Le Pen largement élue ? La présidente du Front national a longtemps hésité à se lancer dans la bataille des législatives au lendemain de sa lourde défaite au second tour des présidentielles. Marine Le Pen a finalement jeté son dévolu sur la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où elle avait déjà tenté sa chance en 2012, et qui englobe Hénin-Beaumont, aux mains du FN depuis 2014. Selon un sondage Ipsos pour La Voix du Nord, publié le 7 juin, Marine Le Pen bénéficierait d'une très large avance dès le premier tour, avec 44% des intentions de vote, devant la candidate en Marche ! Anne Roquet (15,5%) et le député PS sortant Philippe Kemel (14,5%).

 

Une écrasante majorité pour Emmanuel Macron

Après la présidentielle, la vague du "renouveau" pourrait également balayer les législatives. La République en marche ! pourrait obtenir entre 370 et 400 sièges, selon un sondage Opinionway pour Orpi, Les Échos et Sud Radio* publié jeudi. Le parti présidentiel est suivie par Les Républicains et leur allié l'UDI (120 à 150 sièges) et le Parti socialiste qui ne récolterait que 15 à 25 sièges seulement, devant la France insoumise et le PCF (12 à 22 sièges). Toujours selon cette étude, le FN, qui comptait s'imposer comme le premier parti d'opposition, ne recueillerait que 8 à 18 circonscriptions, ce qui laisse planer un fort doute sur sa capacité à constituer un groupe parlementaire.

*Le sondage a été réalisé en ligne entre les 6 et 8 juin, auprès d'un échantillon représentatif de 3.080 personnes inscrites sur les listes électorales.

NB : Les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat, elles donnent une indication de l'état des rapports de force et des dynamiques au jour de la réalisation du sondage.