"Le sursaut français" : qui est le nouveau Copé ?

  • A
  • A
"Le sursaut français" : qui est le nouveau Copé ?
@ AFP
Partagez sur :

L’ancien patron de l’UMP, qui s’est astreint à une cure médiatique de 18 mois, revient avec "Le sursaut français" dont les bonnes feuilles sont publiées dans "Valeurs Actuelles".

Jean-François Copé le retour. L’ancien président de l’UMP signe jeudi son grand come-back médiatique dans le magazine Valeurs Actuelles qui publie les bonnes feuilles de son livre "Le sursaut français" (Stock). A mi-chemin entre confessions personnelles et propositions politiques en  vu de 2017. Celui qui dit vouloir faire de la politique "autrement" assure qu’il tirera les conséquences si ce livre n’intéresse personne.



Qui est le nouveau Copé ? Après 18 mois de silence, Jean-François Copé l'affirme : il a changé. "Ce n’est pas le même homme que vous avez en face de vous", dit-il à Valeurs Actuelles, un magazine classé à droite. "Cette épreuve fait que je ne peux pas revenir pareil", affirme-t-il encore, tout en continuant à défendre son innocence dans l’affaire Bygmalion qui signa sa perte : "je suis innocent, je sais que je n’ai rien fait (...). Je me suis convaincu qu’un jour mon innocence serait reconnue".

Mais le nouveau Copé n’en a visiblement pas perdu sa légendaire modestie. "Je ne crois pas avoir lu de livre qui, de manière aussi claire, présente un diagnostic, les solutions et une offre politique très nouvelle à droite", confie-t-il avant d’ajouter : "il ne pouvait être écrit que par moi, que par quelqu’un qui se construit dans une logique de décider, de commander".

A-t-il pardonné "son exécution" par sa famille politique ? Le 27 mai 2014, le bureau politique de l’UMP écartait Copé de la présidence de l’UMP. Alors que la guerre avec Fillon qu’il qualifie de "mauvais perdant" l’a durablement affaibli, c’est finalement l’affaire Bygmalion qui le fait tomber. Et ce bureau politique a visiblement été difficile à digérer pour Copé, comme l’illustre le vocabulaire employé : "j’ai touché la haine du doigt", "il s’agira (...) d’une exécution", "une véritable folie collective", "le bouc émissaire (...) c’est moi", "la messe est dite…" Aujourd’hui, explique-t-il, il a "tourné la page" : "la folie de l’instant a fait que même les plus courageux n’ont pas réussi à aller contre l’inexorable besoin de me condamner".

Son "intuition pour 2017". Si Jean-François Copé refuse de se prononcer sur sa participation à la primaire, il ne faut pas s’y tromper : 2017 il y pense et il a même un programme. Le député et maire de Meaux l’écrit son "intuition pour 2017", c’est que "le coup de l’homme providentiel" ne marchera pas. Alors, pour cela, il faut "faire de la politique autrement", "rompre avec la politique de communication pour faire de la politique de fond". Concrètement, cette nouvelle politique passe par un gouvernement qui légiféra dès son élection en 2017 par ordonnances et ce durant les six premiers mois du quinquennat. La clé de l’efficacité, selon lui.   

Les propositions de Copé : liberté économique et concordat avec l’Islam. Outre la forme, l'ancien ministre déroule aussi ses propositions. D’abord en économie où il suggère d’instaurer "le référendum d’entreprise" qui permettra notamment de "régler sans drame le problème lancinant des 35 heures" mais aussi de "repasser aux 39 heures dans la fonction publique".

Jean-François Copé n’en délaisse pas moins ses thèmes de prédilection : l’immigration et la sécurité. Il propose ainsi que le Parlement fixe une norme annuelle d’évolution de l’immigration légale en France, que l’on supprime toute prestation d’aide sociale au logement pour les étrangers résidant depuis moins de cinq ans en France dès lors qu’ils ne cotisent pas et que l’on supprime également l’aide médicale d’Etat. Enfin, il se prononce pour l’instauration d’un "concordat avec l’Islam" qui aurait quatre objectifs : organiser le culte musulman en France, créer un institut de formation des imams, reconnaître la communauté musulmane française dans les cimetières, poser le principe d’un programme de construction des lieux de cultes musulmans. L’ancien patron de l’UMP revient enfin sur l’histoire du pain au chocolat : "une histoire vrai" qui lui a fait prendre "conscience de la difficulté que nous avons, en France, à dire les choses". Et lui "qui revient des profondeurs de la terre" a bien l’intention de désormais "dire les choses".