Le silence de François Bayrou devant les vicissitudes de l'exécutif : le calme avant le coup d'éclat ?

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Le fondateur du MoDem reste très discret, alors même que Marc Fesneau, le candidat de son parti au perchoir, a réussi à grappiller mercredi de précieuses voix à Richard Ferrand.

L'ÉDITO POLITIQUE

La percée inattendue du MoDem mercredi, lors l’élection de Richard Ferrand au perchoir, a créé la surprise. Le candidat du MoDem, Marc Fesneau, a récolté 86 voix alors que son groupe ne comptait que 43 votants. Faut-il y voir une opération de François Bayrou qui reste bien silencieux ces derniers temps ? Car le maire de Pau en personne a validé cette candidature centriste contre celle de Richard Ferrand. Cette initiative marque la naissance d’un groupe, non pas de frondeurs, mais de râleurs. Il n'a y a eu que 11 voix pour éviter au député du Finistère l'humiliation d'un second tour.

Un avertissements aux marcheurs et à leur leader. Dans la soirée, les proches de François Bayrou se sont retrouvés pour fêter ce coup d’éclat. Ils n’en revenaient pas. Ils avaient de quoi jubiler après les mauvaises manières des "chefs marcheurs" envers eux, et alors même qu'ils soutiennent le projet présidentiel. Comme le souffle un élu MoDem, "la politique, c’est aussi de savoir poser des actes". En l’occurrence : le centre droit se rebiffe et lance un avertissement clair à Richard Ferrand et à Emmanuel Macron.

Un silence tactique. Le mutisme de François Bayrou - lui qui aime donner son avis sur la politique menée - est peut-être calculé. Technique du silence qui précède le coup de tonnerre ? La semaine prochaine, il convoque son parti pour les traditionnelles journées de Guidel. Il réunira les cadres en séminaire stratégique et prendra la parole, lui qui suit la rentrée présidentielle avec attention et voit l’exécutif pris de court. Durant tout l'été, l'éphémère garde des Sceaux du début de quinquennat a pris des notes, a écrit.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Jupiter foudroyé. François Bayrou connaît le tempo de la vie politique. Il sait qu'Emmanuel Macron va affronter des oppositions, et que certains soutiens du début vont prendre leur distance. Sur son Aventin, François Bayrou, le normalien, regarde Jupiter devenir normal. Il affirme qu'il sera toujours à ses côtés. Une fidélité qui pourrait lui ouvrir les portes de Matignon, un rêve caressé depuis la campagne présidentielle. Surtout, Emmanuel Macron va peut-être mieux le considérer. Peut-être…