Le Sénat vote l'inéligibilité des élus condamnés pour harcèlement sexuel

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Le Sénat vote l'inéligibilité des élus condamnés pour harcèlement sexuel
Plusieurs autres amendements ont été adoptés à l'unanimité, toujours contre l'avis de Nicole Belloubet.@ AFP
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Les sénateurs ont adopté l'amendement de Laurence Rossignol (PS) à l'unanimité, contre l'avis de la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Le Sénat s'est prononcé mardi pour l'inéligibilité des élus condamnés pour harcèlement sexuel, à l'occasion de l'examen des projets de loi sur la moralisation de la vie publique.

Contre l'avis de la ministre de la Justice. Les sénateurs ont adopté à l'unanimité, contre l'avis de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, un amendement de Laurence Rossignol (PS) prévoyant l'inéligibilité en cas de condamnation pour "harcèlement sexuel et/ou moral, notamment dans le cadre de rapports hiérarchiques". "Ces affaires de harcèlement moral ou sexuel ont défrayé la précédente mandature parlementaire, et ont mis en lumière les carences persistantes en matière de libération de la parole des victimes et de leur reconnaissance sociale en tant que telles", a déclaré Laurence Rossignol.

"Cet amendement vise à renforcer les exigences d'exemplarité qui pèsent sur les détenteurs d'un mandat électif public", a-t-elle ajouté. Françoise Laborde (RDSE) qui avait déposé un amendement similaire l'a retiré au profit de celui de Laurence Rossignol. "Ce sont deux amendements bien inspirés", a déclaré le président de la commission des lois et rapporteur Philippe Bas (LR): "J'y suis favorable." En revanche Nicole Belloubet s'y est opposée "uniquement dans un souci de sécurité du texte et de cohérence". Un refus qualifié d'"incompréhensible" par Laurence Rossignol.

D'autres amendements adoptés. Plusieurs autres amendements ont été adoptés à l'unanimité, toujours contre l'avis de Nicole Belloubet, à l'article 1 du projet de loi qui étend à de nouvelles infractions le champ de la peine complémentaire d'inéligibilité. Un amendement de Pierre-Yves Collombat (RDSE, à majorité PRG) a ainsi étendu ce dispositif aux cas d'infractions de grande délinquance économique et financière. Un autre d'Éliane Assassi (Communiste, républicain et citoyen) a ajouté le délit d'abus de biens sociaux. Les projets de loi doivent être étudiés en première lecture au Sénat jusqu'à jeudi. Ils seront transmis alors à l'Assemblée nationale où le gouvernement pourra déposer des amendements pour rétablir son texte.