Le Sénat rejette le budget de la Sécu

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Le Sénat rejette le budget de la Sécu
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Ce rejet a été rendu possible grâce à une nouvelle alliance de circonstance entre communistes et UMP.

Jamais deux sans trois. Après le rejet de la loi sur la tarification progressive de l’énergie, le rejet du texte sur la programmation budgétaire, les communistes ont encore dit non au gouvernement. La Chambre haute a rejeté jeudi par 186 voix contre 156 le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013.

Touraine et Rebsamen regrettent ce vote

Et une fois de plus, ce rejet a été rendu possible grâce à une alliance entre sénateurs communistes et sénateurs UMP. Une alliance de circonstance puisque les raisons du rejet sont diamétralement opposées : la droite a voté contre la partie recettes, jugeant le texte pas assez rigoureux. Le groupe communiste a, lui, estimé que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale n'était pas assez à gauche, et s'est notamment opposé à la nouvelle taxe sur les retraités.

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La ministre de la Santé Marisol Touraine a regretté que la majorité au Sénat "ne soit pas davantage rassemblée"."Je regrette ce vote et je ne l'explique pas dans la mesure où on n'a jamais vu un PLFSS aussi à gauche, qui contient des mesures sur lesquelles communistes et socialistes s'étaient retrouvés l'an dernier", a, de son côté, déploré le patron des sénateurs socialistes, François Rebsamen.

Pour sauver le budget, une commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés) sera convoquée, mais elle est promise à l'échec. Le texte reviendra alors devant les deux chambres du Parlement puis une troisième fois devant l'Assemblée nationale, qui aura le dernier mot.

Le PC, nouvel adversaire du gouvernement

Ce nouveau rejet au Sénat montre qu'un bras de fer est définitivement entamé entre le gouvernement et les communistes. La gauche, avec ses quatre composantes - PS, écologistes, radicaux de gauche et Front de gauche -, ne dispose aujourd'hui que de six voix d'avance à la Haute-Assemblée. Un seul groupe peut donc suffire à mettre en difficulté le gouvernement.

Le Sénat de gauche risque paradoxalement de se retrouver dans la même situation que sous Lionel Jospin (1997-2002). A l'époque, les élus avaient systématiquement torpillé les textes du gouvernement, à ce détail près ... qu'ils étaient à droite.