Le remaniement n’aura pas lieu

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Le remaniement n’aura pas lieu
Jean-Marc Ayrault a été conforté par François Hollande. Il restera Premier ministre au moins jusqu'aux élections européennes, en juin.@ REUTERS
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L’INFO POLITIQUE - L’idée a été abordée en haut lieu, mais vite écartée. Rendez-vous après les européennes de juin.

Ceux qui espéraient un remaniement pour bientôt ont vu leur espoir doucher en une phrase de Jean-Marc Ayrault, prononcée vendredi lors de son déplacement en Russie. "Ce n’est pas d’actualité. Quand ça arrivera, vous serez les premiers surpris", a lâché le Premier ministre devant les journalistes. L’hôte de Matignon ne prend pas là seulement ses rêves pour des réalités. Le sujet a bel et bien été abordé à l’Elysée, mais rapidement écarté. Car comme le glisse un conseiller élyséen à Europe 1 : "Cela donne 15 jours de tranquillité dans les médias, mais après, qu’est-ce qu’on fait ?"

Bref, le remaniement, ce n'est pas pour maintenant, conclut Caroline Roux, éditorialiste politique à Europe 1 :

Rien avant les européennes. Au palais, on estime qu’il ne faut pas bouger avant les prochaines échéances électorales : les municipales de mars et les européennes de juin. Car, selon la formule d’un ami du président, "on ne serait pas libre pour le choix des hommes". Comprendre : les barons socialistes doivent avant tout tenir leur bastion pour les élections. Enfin, remanier, dans l’esprit des Hollandais, c’est changer de Premier ministre, de cap politique. Et pour le moment, comme le dit l’un d’eux, il n’y pas de bonne solution. Le seul plébiscité par l’opinion, c’est Manuel Valls, mais cela passerait pour un choix contraint.

Hollande va faire le dos rond. Pourtant, les Français réclament du changement. Selon un sondage paru dans le Journal du Dimanche, ils sont plus de neuf sur dix à réclamer que les choses changent. Face à cette grogne, François Hollande va faire ce qu’il sait faire de mieux : le dos rond. Le seul chantier qu’il veut ouvrir en priorité, c’est s’occuper de la majorité. Mettre de la cohérence entre Matignon et l’Elysée, pacifier les relations à Bercy entre Bernard Cazeneuve et Pierre Moscovici, faire en sorte que le PS fasse son travail de "service après vente", museler la dizaine de parlementaires qui font entendre une musique dissonante à l’Assemblée. Bref, tenter une énième fois de mettre de l’ordre en cuisine pour sauver la boutique.