Le ras-le-bol des policiers

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Le ras-le-bol des policiers
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Entre 2.000 et 6.000 policiers ont manifesté en France jeudi pour dénoncer notamment la "politique du chiffre".

"Politique du chiffre, quotas de contraventions, effectifs en baisse". Entre 2.000 à 2.500 policiers,selon la direction générale de la police (DGPN), 5.000 à 6.000, selon les organisateurs, ont manifesté jeudi en France pour exprimer leur "ras-le-bol" devant la "politique du chiffre" et l'érosion des effectifs. Cette journée nationale d'action était organisée à l'appel de SGP Unité Police, le premier syndicat des 80.000 gardiens de la paix.

Des policiers hors-service et en civil ont distribué dans la rue une "lettre aux citoyens", un tract au format d'un PV pour dénoncer leurs conditions de travail. Tous ces policiers ont ainsi voulu témoigner d’un même "immense ras-le-bol".

"Aujourd’hui, on demande des timbres-amendes, ça rapporte de l’argent. Interpeller des jeunes qui ont un bout d’herbe ou qui ont fait des petits délits, ça ramène des gardes à vue. C’est une politique de chiffres et ça permet aux chefs de service d’avoir des statistiques très bonnes au détriment d’affaires plus importantes", regrette Frédéric, un policier lyonnais rencontré par Europe 1.

A la pression des résultats, s’ajoute la baisse des effectifs. Selon Eric Sabos, responsable départemental d'Unité Police, 8.000 postes seront supprimés dans la police d'ici 2010. "Dans un véhicule de police-secours, on n’est plus que deux. Quand vous allez sur un différend, sur une bagarre le matin, à deux, ça fait très juste. Aujourd’hui, les gens sont de plus en plus violents et on nous demande de travailler à deux", dénonce encore Frédéric.

Les policiers estiment qu’ils prennent trop de risques et qu’ils n’ont pas assez de moyens pour assurer leur mission quotidienne. Ils dénoncent aussi les salaires bloqués depuis des années et les heures supplémentaires mal rémunérées. Au-delà, c’est leur mission de "service public" qui pourrait être sacrifiée au nom d’une réduction des dépenses de l’Etat.

Une accumulation de revendications. Gilles Wiart, secrétaire général adjoint du SGP-FO, a parlé mercredi à Toulouse d’un "malaise grandissant dans la police nationale" avec des agents qui se sentent "incompris de la part du ministère de l'Intérieur" qui "ne les écoute pas".

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