Le PS est en "état de mort clinique", mais "la gauche ne meurt jamais"

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Le PS est en "état de mort clinique", mais "la gauche ne meurt jamais"
L'ancien député frondeur Christian Paul juge très sévèrement le Parti socialiste.@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Christian Paul, ex-chef de file des députés frondeurs, estime dans le JDD que "l'urgence est de donner idées et visages à la prochaine gauche". 

La formule est usée, tant elle a été rabâchée. Le Parti socialiste est "en état de mort clinique", selon Christian Paul, ancien chef de file des députés socialistes "frondeurs" pendant le quinquennat de François Hollande. L'ex-élu de la Nièvre, battu aux législatives 2017, juge sévèrement dans le JDD le prochain congrès de son parti.

"L'essentiel se passera" hors du PS. "L'urgence est de donner idées et visages à la prochaine gauche" plutôt qu'à un congrès de "survie", explique-t-il. Disant approuver la décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas se porter candidate à la direction du parti, l'ancien député juge qu'elle "a compris que l'avenir de la France et de la gauche ne se jouerait pas dans les boutiques obscures du Parti socialiste". "Elle a raison. Le PS, en état de coma clinique, est devenu une machine à broyer les idées, les femmes et les hommes." Selon lui, l'ancienne ministre de l'Éducation nationale "ne jette pas l'éponge". "Elle pense, et moi aussi, que l'essentiel se passera ailleurs et autrement", ajoute-t-il, pronostiquant que "la prochaine gauche s'inventera en grande partie en dehors des appareils d'aujourd'hui", ce qui "n'empêche pas que demeurent au PS des militants et des personnalités remarquables".

"Ni les idées ni l'ardeur". Toujours très critique envers le quinquennat de François Hollande, qui a produit à ses yeux "l'émiettement de la gauche et la profonde dévitalisation du PS", Christian Paul déplore un "endormissement des consciences" sous l'effet de "la routine du pouvoir" après la victoire de 2012, et "un exécutif sans garde-fous ni boussole, intoxiqué par les dérives libérales, et même identitaires dans le cas de Manuel Valls". Si "le PS ne peut faire l'économie ­aujourd'hui de ce droit d'inventaire", qu'il a fait selon lui avec d'autres pendant trois ans comme "lanceur d'alerte", le prochain congrès sera "de survie, pas de refondation : le PS n'a à ce jour ni les idées ni l'ardeur nécessaires à cette tâche. Il favorise l'exode des talents ! Le risque est réel que des hommes sans qualités s'emparent de ce qui reste".

Entre Macron et Mélenchon. "L'urgence est de donner idées et visages à la prochaine gauche", car "la gauche ne meurt jamais", plaide Christian Paul, qui va "lancer au premier trimestre une pépinière de projets, participative, ouverte, engagée". Et il veut croire que "si les forces de gauche et les écologistes savent débattre et se réunir, elles s'empareront de l'immense espace existant entre Macron -qui incarne en fait le retour au galop des méthodes anciennes, la modernisation du pays avec les technos mais sans les citoyens- et Mélenchon, dont les six derniers mois ont hélas montré la capacité d'enfermement".