Présidentielle : le premier tour passé, comment vont se dérouler les deux prochaines semaines ?

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Anais Huet , modifié à
Consignes de vote, alliance, meetings et attaques en règle : que va-t-il se passer dans l'entre-deux tours ?

Deux semaines nous séparent désormais du second tour de l'élection présidentielle. Dimanche soir, les électeurs ont choisi de qualifier Emmanuel Macron (24,01%) et Marine Le Pen (21,30%). Avant de connaître le nom du prochain locataire de l'Elysée, ces quelques jours s'annoncent chargés.

Les Sages à l'œuvre. Jusqu'à mercredi 26 avril, le Conseil constitutionnel sera chargé de centraliser et vérifier les résultats du premier tour, mais aussi d'examiner les éventuelles réclamations. À 20 heures au plus tard, le Conseil constitutionnel devra déclarer définitivement les résultats du premier tour. Ce processus très administratif ne s'arrête pas là. Le 27 avril, les Sages doivent officialiser le ticket qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle. Car même si cela est très peu probable, les candidats arrivés en tête peuvent se désister. Ils doivent donc faire connaître leur décision de disputer le second tour. 

 

Consignes de vote ou pas. Si François Fillon et Benoît Hamon ont, dès dimanche soir, appelé à faire barrage à Marine Le Pen en votant pour Emmanuel Macron, d'autres ont souhaité prendre leur temps avant de prendre une décision. Jean-Luc Mélenchon, arrivé en quatrième position (19,64%) derrière François Fillon (19,91%), a choisi de consulter les militants de la France insoumise à travers sa plate-forme numérique avant de donner sa consigne de vote. "Je n'ai reçu aucun mandat des 450.000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m'exprimer à leur place sur la suite. Celles-ci seront donc appelées à se prononcer sur la plate-forme et le résultat de leur expression sera rendu public", a-t-il déclaré dimanche soir. Cette consultation, qui débute dès mardi matin, se poursuivra jusqu'à vendredi midi, a précisé la porte-parole de la France insoumise, Raquel Garrido, au micro d'Europe 1.

Lors de son discours donné après la proclamation des premiers résultats, dimanche soir, Nicolas Dupont-Aignan a, lui aussi, décidé de prendre le temps de la réflexion. Il a indiqué aux militants de son parti Debout la République qu'il prendrait sa décision "en début de semaine". Mais déjà, lundi matin, le vice-président du Front National, Florian Philippot, a appelé Nicolas Dupont-Aignan à être "cohérent" et à se ranger derrière Marine le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle. 

De son côté, François Hollande s'est mis "en marche" à 16 heures lundi, levant toute ambiguïté sur ses intentions, si ambiguïté il y avait. Emmanuel Macron "est celui qui défend les valeurs qui permettent le rassemblement des Français dans cette période si particulière, si grave que connaît le monde, l'Europe et la France", a-t-il fait valoir sans s'étendre davantage. Réaction aussi sobre de l'intéressé, qui a tweeté : "Je remercie le Président de la République pour son soutien républicain".

Côté Les Républicains, si François Fillon a donc immédiatement indiqué après sa défaite qu'il voterait lui aussi pour l'ancien ministre de l'Économie, les responsables du parti ont laissé éclater dans la matinée leurs divergences sur la position à suivre. Ils ont finalement opté pour un texte de compromis excluant l'abstention. "Nous appelons à voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l'élection présidentielle", énonce le texte avalisé dans la soirée par le bureau politique.

Une campagne à mener, des électeurs à convaincre. Pour les soutiens d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, le plus dur reste à faire. Chaque camp doit désormais convaincre ceux qui ont préféré glisser d'autres bulletins dans l'urne au premier tour. Un certain nombre d'électeurs déçus, notamment d'extrême-gauche, se refusent à donner une légitimité par leur vote à l'un ou l'autre des deux qualifiés. Sur Twitter, ces électeurs tentés par l'abstention se rassemblent autour du hashtag #SansMoiLe7Mai. 

Pour convaincre, Marine Le Pen aura tout intérêt à faire rimer Emmanuel Macron avec François Hollande, et se poser comme la seule candidate de l'alternance. Dans cette stratégie de séduction de l'électorat de droite, la candidate FN se dit même prête à offrir des circonscriptions gagnables aux amis de François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan qui la soutiendront. Un grand meeting à Nice est d'ores et déjà prévu jeudi soir au programme de la frontiste.

Emmanuel Macron, lui, devra s'extirper de l'image d'héritier de François Hollande. "Le défi n'est pas d'aller voter contre qui que ce soit. Le défi est de décider de rompre jusqu'au bout avec le système qui a été incapable de répondre aux problèmes de notre pays depuis plus de 30 ans", a-t-il asséné dans son discours, dimanche soir. Avec son équipe de campagne, le candidat d'En Marche! va définir son agenda. Une visite à Amiens, sa ville natale, où il rencontrera les salariés en lutte de l'usine Whirlpool, est déjà calée. 

Un débat le 3 mai. Autre rendez-vous attendu : le fameux débat télévisé entre les deux finalistes. Car si en 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen après son accession surprise au second tour de la présidentielle, quinze plus tard, Emmanuel Macron affrontera bien verbalement la fille du fondateur du FN. Le débat est prévu le mercredi 3 mai.

Quatre jours plus tard, le dimanche 7 mai, le nom du prochain ou de la prochaine président(e) de la République sera connu à 20 heures, mettant fin à des mois d'une campagne électorale historique… Avant celle des législatives, en juin prochain.