Le Pen : la kippa, "pas de problème"
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"Si je n'avais parlé que du voile, j’aurai été brûlée pour islamophobie", a déclaré la présidente du FN.

"Il est évident que la kippa ne pose pas de problème dans notre pays." La présidente du FN, Marine Le Pen, s'est expliquée samedi sur TF1 au sujet de sa demande d'interdire le voile et la kippa dans la rue. "Notre pays a changé. Et cet équilibre fragile, que nous avions trouvé dans l'exercice des religions, a été bouleversé par une immigration massive, depuis maintenant une vingtaine d'années. Cela a changé la donne", s'est justifiée la dirigeante du parti d'extrême droite.

Marine Le Pen sous-entend ainsi que le voile pose davantage "problème", mais qu'il faut interdire les deux au nom de "l'égalité". "Je demande à nos compatriotes juifs, ce petit effort, ce petit sacrifice sûrement, mais qui permet une égalité entre les exigences que l'on demande aux uns et aux autres. Je suis sûre qu'une grande partie d'entre eux sont tout à fait prêts à faire ce petit sacrifice", a-t-elle poursuivi. Et elle de faire valoir que, si elle avait "demandé que cette interdiction ne frappe que le voile", alors "évidemment, immédiatement elle aurait été brûlée en place de Grèves pour islamophobie".


"Je m'étonne que cela étonne"

La présidente du FN a expliqué avoir "toujours été en pointe" sur "la laïcité quand le PS et l'UMP allaient de renoncements en reculades". "Le voile s'est multiplié de manière exponentielle dans notre pays ainsi que le port de la Djellaba. Je considère que cela est une pression quasiment physique dans certains quartiers et face à cela la fermeté doit s'imposer", a insisté la dirigeante frontiste.

Un peu plus tôt, Marine Le Pen s'était "étonnée" du tollé suscité par sa proposition, l'estimant "cohérente" avec ce qu'elle a toujours défendu. "Il n'y a que ceux qui sont de mauvaise foi qui croient pouvoir tirer de mes propos autre chose que j'aie pu dire", avait raillé la patronne du parti d'extrême droite lors de l'université d'été du FN à La Baule. "Je trouve étonnant que vous vous étonniez qu'on évoque ce genre de sujet alors que l'actualité du monde porte sur ces sujets", avait-elle ajouté, réfutant tout coup de communication.

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"Ils ne portent ni le voile ni la kippa, les catholiques".

À La Baule également, Jean-Marie Le Pen avait, quant à lui, jugé ce sujet à la fois "non essentiel" et "sage". "Ce n'est pas un problème essentiel pour moi, je sais que ces questions d'habillement vous intéressent passionnément mais moi ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus", avait-il répondu à des journalistes. Il a néanmoins estimé que cette proposition était "assez raisonnable", au nom de la laïcité.

"Je crois que ça serait sage oui, c'est ce qui pourrait maintenir l'homogénéité de notre communauté nationale", avait-t déclaré. Interrogé sur les signes religieux catholiques qui pourraient être concernés, il a répondu: "Ils ne portent ni le voile ni la kippa, les catholiques".

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