Le PCF range la faucille et le marteau
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Le sigle, "qui ne résume pas le parti", a été retiré des cartes d'adhérents. Polémique.

L'INFO. Le PCF est-il en train de révolutionner son image ? Le parti s'est doté de nouvelles cartes d'adhérents, au design qui ne plaît déjà pas à tous les militants, à l'ouverture du 36e congrès du parti, à Saint-Denis. La faucille et le marteau, symboles du communisme, ont en effet disparu, révèle vendredi matin France Info.

La justification. "Nous voulons nous tourner vers l'avenir. C'est un sigle qui ne résume pas ce que l'on est aujourd'hui", s'est expliqué dans la foulée le secrétaire national du parti, Pierre Laurent, interrogé par LCI.

>> La nouvelle carte, sans la faucille et le marteau :

Le PCF range la faucille et le marteau

© Capture d'ecran pcfcapcorse.over-blog.com

L'indignation. Pour les cadres du parti, c'est un faux problème. Et beaucoup s'indignent que le débat se fasse sur sur ce terrain... et éclipse au passage les autres. "Je suis scandalisé. Le Congrès du parti s'ouvre par des interventions de salariés d'entreprises en crise, comme Petroplus, par des dirigeants internationaux qui viennent nous parler des militantes kurdes tuées à Paris, par des discussions sur l'avenir du parti et on parle de sujets comme ça. Je ne commenterai pas des problèmes d'intendance", a ainsi réagi Patrice Bressac, le porte-parole du PCF, contacté par Europe1.fr.

>> L'ancienne carte :

Le PCF range la faucille et le marteau

© Capture d'écran 86.pcf.fr

La crainte des militants. Et le sujet commence déjà à faire jaser dans les rangs du parti, notamment auprès des plus attachés aux traditions. "Tout le parti est choqué par ça", déplore ainsi Emmanuel Dang Tran, secrétaire de section à Paris, au micro de France Info. Il regrette ainsi la disparition d'un "point historique, symbole de résistance contre la politique du capital, contre les licenciements, contre les écrasements de salaires". Emmanuel Dang Tran n'épargne d'ailleurs pas le secrétaire national, Pierre Laurent, qu'il accuse "d'inféoder le PCF, avec le Front de gauche, des verts, des trotskiste, à la social-démocratie." "Il veut faire une sociale-démocratie bis, ou un parti qui roule pour une social-démocratie", renchérit-il. Un avis toutefois jugé "ultra minoritaire" par le porte-parole du PCF, Patrice Bressac.