Le Maire, la nouvelle cible de Sarkozy

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Alexandre Kara et B.B
Le patron des Républicains est agacé par son rival à la primaire, qu'il accuse de manquer de fidélité.

Pour la photo, le meeting de Valérie Pécresse, dimanche dernier, était une belle démonstration d'unité, avec la présence de tous les cadors des Républicains : Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire. Mais en coulisses, tout n'était pas aussi parfait, comme le révèle Europe 1 mardi matin.

"Il commence à m’emmerder celui-là". Ce jour-là, Nicolas Sarkozy était de fort méchante humeur, à tel point qu’il a laissé échapper à la fin du meeting une petite phrase vacharde à l'égard d'un de ses rivaux : "il commence à m’emmerder celui-là". "Celui-là", en l’occurrence, c’est Bruno Le Maire, contre lequel le patron de Républicains est particulièrement remonté depuis quelques jours. Les observateurs ont d'ailleurs remarqué que pendant ce meeting, les deux hommes ne se sont pas adressé la parole.

Le cumul des mandats les oppose. Reste une question : pourquoi Bruno Le Maire est-il devenu en si peu de temps la nouvelle cible de Nicolas Sarkozy ? A cause du cumul des mandats. Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour son retour, alors que l'ancien ministre de l'Agriculture a réaffirmé dimanche son opposition au principe cumul des mandats. Et il s’est même fait largement applaudir sur le sujet. Autre grief : la thématique du "renouveau", qui est le slogan favori de Bruno Le Maire. Cela agace prodigieusement Nicolas Sarkozy, qui rappelle désormais en public que "le renouveau", c’est aussi la fidélité. Dit autrement, sans lui Bruno Le Maire n’aurait jamais été ministre.

"Si Nicolas fait son entrée dans la salle pendant mon discours, je fais un esclandre".On s'attendait à un clash avec Alain Juppé, mais le patron des Républicains s'est donc trouvé une nouvelle cible. Quelques jours avant cette réunion de famille à Nogent-sur-Marne, il avait déjeuné avec le maire de Bordeaux pour s’entendre sur un cessez-le-feu au moins pendant ce meeting. Et en coulisses, Alain Juppé avait prévenu l’équipe Sarkozy : "si Nicolas fait son entrée dans la salle pendant mon discours, je fais un esclandre".