Le maire de Saint-Cyprien s'est suicidé dans sa cellule

  • A
  • A
Le maire de Saint-Cyprien s'est suicidé dans sa cellule
Partagez sur :

Jacques Bouille, le maire UMP de Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales, était incarcéré depuis décembre 2008 pour une affaire de corruption et de blanchiment. Il s'est donné la mort dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule de la prison de Perpignan.

Jacques Bouille s'est suicidé dans la nuit de samedi à dimanche dans sa cellule de la prison de Perpignan en se pendant avec la ceinture de son peignoir. Son corps a été retrouvé entre deux rondes de surveillants, selon le procureur de la République de Perpignan, Jean-Pierre Dréno. L'élu a laissé "une lettre à son épouse dans laquelle il indique sa volonté de mettre fin à ses jours", a déclaré M. Dréno, annonçant une autopsie pour déterminer s'il avait absorbé des médicaments.

Selon le procureur, le directeur de la prison de Perpignan avait rencontré l'élu vendredi et ne l'avait pas trouvé "dans un état particulièrement déprimé, abattu". M. Bouille était suivi par un psychiatre et des rondes "un peu rapprochées" avaient été mises en place pour le surveiller. "On n'a pas estimé devoir prendre des mesures supplémentaires, sachant qu'il était suivi par le psychiatre de l'établissement", a-t-il ajouté.

Réagissant à l'annonce du suicide, le 58e de l'année dans une prison selon une association, le président départemental de l'UMP, Daniel Mach, a regretté "les détentions qui se prolongent", entraînant des drames. Martine Aubry a exprimé, "comme tout suicide en prison, une immense compassion". "Ce sont les conditions dans les prisons aujourd'hui en France", a-t-elle observé.

Maire de Saint-Cyprien depuis 1989, l'élu de 62 ans avait été mis en examen en décembre dernier, dans une affaire de corruption pour "blanchiment, corruption par personne exerçant un mandat électoral, trafic d'influence, prise illégale d'intérêts, détournement de biens publics, entrave à la manifestation de la vérité, subornation de témoins, faux et usage de faux". On l'accusait notamment d'avoir fait acheter par sa commune des oeuvres d'art pour 5 millions d'euros. Or, 2% seulement de ce patrimoine se trouvent dans les musées de la ville. L'élu aurait provoqué le déficit abyssal de 40 millions d'euros du budget de la commune. Ses simples frais de déplacement s'élevaient à 28.000 d'euros.

>> Les charges retenues contre Jacques Bouille détaillées par le procureur Jean-Pierre Dréno.