Le droit de vote des étrangers attendra

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Le droit de vote des étrangers attendra
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Le président, qui ne dispose pas de majorité, a écarté l'idée d'un référendum.

François Hollande a affirmé mardi, lors de sa conférence de presse, qu'il n'envisageait pas "aujourd'hui" un référendum sur le vote des étrangers aux élections locales et qu'il n'engagerait cette réforme qu'une fois assuré de disposer d'une majorité des 3/5ème au Parlement. Dans les deux cas, ce sera compliqué. 







>>> LA VOIE PARLEMENTAIRE TROP ÉTRIQUÉE

La phrase. "J'ai dit au gouvernement, aux responsables de groupes (parlementaires, NDLR) de travailler pour constituer cette majorité. Quand cette majorité sera envisagée, je prendrai mes responsabilités. Mais pas avant".

Pourquoi ça coince. Le droit de vote des étrangers nécessite une réforme de la Constitution. Or, le président ne dispose pas d’une majorité des trois cinquièmes pour la faire adopter en Congrès à Versailles. Pour l’heure, à gauche, seules 504 voix seraient assurées sur les 555 nécessaires pour l’adoption du texte. Il faut donc convaincre au-delà de la majorité. Sinon, le texte ne sera pas déposé. "Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer : je m'y refuse", a précisé François Hollande.

>>> LA VOIE RÉFÉRENDAIRE, TROP RISQUÉE

La phrase. "Si nous n'aboutissons pas par la voie parlementaire, je verrai dans quel état est la société pour éventuellement aller dans cette direction", a commenté François Hollande. "Mais aujourd'hui, ce n'est pas mon intention".

Pourquoi ça coince. François Hollande l'a dit très clairement. Il ne veut pas prendre le risque de "diviser les Français". Le président sait qu'ils sont de moins en moins favorables au droit de vote des étrangers. Selon un sondage Ifop publié en septembre, seuls 39% des personnes interrogées se déclaraient pour une telle réforme, contre 55 % en décembre 2011.

>>> CE QUE HOLLANDE AVAIT DIT PENDANT LA CAMPAGNE

Lors du débat d'entre-deux-tours, le 6 mai, François Hollande s'était pourtant dit prêt à aller jusqu'au référendum. "Pour faire passer cette réforme, il nous faudra avoir une majorité des trois-cinquièmes. S'il y a une majorité des trois-cinquièmes, la réforme passera. S'il n'y a pas de majorité, ce sera au peuple français et seulement au peuple français de pouvoir en décider".

>>> LA REACTION DES PARTISANS DU VOTE DES ETRANGERS

Pour Razzy Hammadi, un grand chantier commence. "François Hollande a dit : 'Je demande à ce que les parlementaires arrivent à convaincre les 3/5 des parlementaires'. La chose est dite. A nous de nous mettre au boulot", a réagi sur Europe 1 le député de Seine-Saint-Denis, qui a récemment signé un appel de 75 députés PS pour la mise en ouvre du droit de vote des étrangers.

"Il y a deux manière concomitantes d'agir", a poursuivi l'élu. "La première, c'est de mener campagne dans la rue, pour convaincre l'opinion. La deuxième, c''est de convaincre à l'Assemblée et au Sénat. C'est ce à quoi nous allons nous atteler."